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Les motifs classiques du tapis persan, ce qu’ils signifient selon la tradition et qui les met sur le métier

Les poissons du motif heratiDessin persan classique fondé sur un losange répété sur tout le champ, contenant une petite fleur ou des feuilles et flanqué de feuilles recourbées ; les feuilles se lisent comme des poissons stylisés qui, dit-on, tournent autour d'un lotus. Le nom vient de Hérat, la ville d'Afghanistan d'où le dessin serait originaire ; on l'appelle aussi motif au poisson, et mahi signifie « poisson » en persan. C'est l'une des trois grandes familles de dessins : il se tisse en dessin all-over ou autour d'un médaillon central, avec des losanges à l'intérieur comme à l'extérieur de celui-ci, et apparaît parfois en fine bordure. Il est courant dans les tapis de Tabriz, de Sarouk, de Mashhad, de Moud, de Bijar, de Hamadan, d'Abadeh, de Zanjan, de Kerman et de Kashan., le cyprès d’un botehMotif en forme de goutte à pointe supérieure recourbée, omniprésent depuis des siècles dans les tissages persans et cachemiriens. Le mot persan se glose par « fleur ou plante en bourgeon », et le motif figure la croissance et la régénération ; on y voit aussi un cyprès qui plie sous le vent mais rompt rarement, une flamme, une graine, une pomme de pin ou une amande stylisée. Lorsque les manufactures écossaises se mirent à imiter les châles du Cachemire au XIXe siècle, le boteh devint connu en Occident sous le nom de « paisley », d'après la ville de Paisley. Dans les tapis, il se répète le plus souvent sur tout le champ, notamment dans les pièces de Tabriz, de Sarouk, de Kerman, de Mashhad et de Malayer., la coupole de mosquée d’un médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet. : bien des motifs du tapis persan s’accompagnent de lectures transmises depuis des générations. Ce sont des traditions, non un code. Un même motif peut se lire de plusieurs façons, et un tisserand de village a pu avoir en tête une histoire bien à lui. Reste qu’un dessin en dit long sur l’origine d’un tapis et sur la manière dont il a été fait, et connaître le sens qu’on lui prête vous rapproche du tapis avec lequel vous vivez.
La plupart des dessins du tapis persan se répartissent en trois familles. Les dessins floraux, tout en courbes souples de fleurs, de feuilles et de rinceaux, règnent sur les ateliers urbains de TabrizTapis de Tabriz, grande ville du nord-ouest de l'Iran et ancienne capitale safavide, et des villages qui l'entourent, où l'on fait remonter le tissage au moins au XVIe siècle. Les tisseurs emploient le nœud turc et de petits crochets métalliques, qui donnent des dessins très réguliers et symétriques, en général sur une fondation en coton (en soie pour les pièces les plus fines), souvent à double trame, avec un velours tondu ras à moyen. Les densités vont d'environ 8 à 78 nœuds par cm² (environ 50 à 500 nœuds par pouce carré), les pièces à fondation en soie pouvant dépasser environ 93 nœuds par cm² (600 par pouce carré), et les rehauts de soie donnent de la vivacité aux dessins floraux. Certains ateliers ne tissent que des tapis en laine et soie, en privilégiant les pastels. Tabriz offre la plus vaste gamme de dessins et de couleurs de toutes les provenances persanes : dessins à médaillon, floraux, herati, de chasse et à vases, ainsi que la plupart des portraits picturaux. Un tapis vendu comme « de style Tabriz » n'est pas nécessairement tissé à Tabriz., de KashanTapis persans fins de la ville de Kashan, dans le centre de l'Iran, centre de tissage depuis l'époque safavide (XVIIe siècle), lorsque les souverains y séjournaient en villégiature et meublaient leurs villas de tapis locaux. Le velours est généralement tout en laine, souvent de la laine de Manchester importée, de hauteur moyenne, sur une fondation en coton ; les pièces en laine et soie sont pour la plupart plus anciennes. Les dessins sont formels et varient peu : un médaillon central, un médaillon avec écoinçons assortis ou des motifs floraux all-over, ainsi qu'un dessin rare appelé Darbari, qui n'aurait que peu ou pas de bordure. Les tapis d'environ 1,5 × 2,1 m (5 × 7 pieds) et plus petits offrent plus de variété, avec des dessins d'arbre de vie, de vase et d'oiseaux. Les couleurs classiques sont le rouge profond, le bleu marine et la crème ; les champs jaunes ou verts sont rares, et les tapis récents sont dans des pastels plus doux., d’IspahanTapis de ville persans d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, parmi les plus finement noués au monde : généralement d'environ 7 750 à 10 850 nœuds pour 10 × 10 cm (500 à 700 KPSI, soit nœuds par pouce carré), juste derrière Qom. La plupart sont tissés en fine laine kork issue de jeunes moutons ; certains ont un velours en laine et soie sur une fondation en soie ou en coton, et quelques-uns seraient en pure soie. Les dessins puisent dans la nature et l'architecture de la ville, des compositions à médaillon et écoinçons et des dessins floraux all-over aux scènes de chasse, arbres de vie, niches de prière et jardins picturaux, le plus souvent en pastels doux avec de l'indigo et du rouge vif sur fond ivoire. La plupart des pièces sont signées, et les grands formats sont rares et coûteux. et de KermanTapis persans fins de Kerman, dans le sud de l'Iran, ville située sur l'ancienne route commerciale entre l'Iran et l'Inde et l'un des grands centres historiques du tissage de tapis, réputée pour ses maîtres teinturiers. Les dessins sont très variés : motifs floraux et all-over, arbre de vie, chasse, jardin et champ ouvert, fins décors floraux « de printemps » aux minuscules fleurs, et « technique du vase » caractéristique. Le velours est généralement en laine kork douce sur une fondation en coton, parfois en laine et soie ou en pure soie. Un même tapis peut compter de 15 à 30 couleurs, surtout des rouges profonds, plusieurs bleus, du vert et du crème, avec des pastels comme le champagne, le vert lime, le rose et le bleu-gris dans les pièces plus récentes. Environ la moitié des tapis de Kerman, issus d'ateliers moins réputés, emploient le nœud jufti, un procédé expéditif qui donne un tissage plus clairsemé et de moindre qualité.. Les dessins géométriques, faits de lignes droites qui composent losanges, hexagones et formes en gradins, sont plus anciens et restent la langue du tissage villageois et tribal, où bien des formes porteraient, dit-on, des significations tirées de la vie même des tisserands. La troisième famille, enfin, est le motif heratiDessin persan classique fondé sur un losange répété sur tout le champ, contenant une petite fleur ou des feuilles et flanqué de feuilles recourbées ; les feuilles se lisent comme des poissons stylisés qui, dit-on, tournent autour d'un lotus. Le nom vient de Hérat, la ville d'Afghanistan d'où le dessin serait originaire ; on l'appelle aussi motif au poisson, et mahi signifie « poisson » en persan. C'est l'une des trois grandes familles de dessins : il se tisse en dessin all-over ou autour d'un médaillon central, avec des losanges à l'intérieur comme à l'extérieur de celui-ci, et apparaît parfois en fine bordure. Il est courant dans les tapis de Tabriz, de Sarouk, de Mashhad, de Moud, de Bijar, de Hamadan, d'Abadeh, de Zanjan, de Kerman et de Kashan. : un seul motif répété, si répandu qu’il constitue une classe à part.
Chacune des trois peut s’organiser autour d’un médaillon centralGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet. ou se déployer sur tout le champ. Le dessin laisse aussi deviner la densité de nœudsNombre de nœuds dans un pouce carré d'un tapis noué main (KPSI, de l'anglais knots per square inch ; 1 KPSI vaut environ 15,5 nœuds par carré de 10 × 10 cm), compté à l'envers, à la règle, en multipliant les nœuds sur un pouce de hauteur par ceux sur un pouce de largeur, en moyenne sur deux ou trois zones. Plus il y a de nœuds, plus le détail est fin et net, comme sur un écran de plus haute résolution ; à toutes choses égales par ailleurs, le tapis gagne aussi un peu en durabilité et coûte plus cher. Mais la densité seule ne suffit pas à juger la qualité : les Heriz et les Bidjar sont durables avec une densité faible à moyenne, tandis que les dessins floraux curvilignes perdent en netteté faute d'assez de nœuds. Les valeurs vont de moins de 80 environ pour les tissages tribaux grossiers comme les Gabbeh et les Qashqai, en passant par 120 à 225 environ pour de nombreux tapis de village et 300 à 700 pour les fins tapis de ville comme les Nain et les Ispahan, jusqu'à 600 à 1 000, voire plus, pour les Qom en pure soie. : un décor floral finement tracé demande assez de nœuds pour rester net, alors qu’une géométrie affirmée ressort clairement avec un nombre de nœuds modeste.
Le médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet. est le grand motif placé au cœur du champ, autour duquel s’ordonne le reste du dessin. Dans un tapis à fleurs, la tradition voit en lui une fleur de lotusMotif de fleur stylisée, considéré dans la tradition du tapis persan comme une fleur sacrée et associé à la longue vie. Le médaillon central d'un tapis à médaillon floral se lit comme un lotus, dessiné soit en une grande fleur, soit en plusieurs petites. Le lotus est aussi l'un des éléments principaux du dessin Shah Abbasi, et dans le dessin herati, les feuilles en forme de poisson entourent, dit-on, un lotus. Les fleurs de lotus comptent parmi les motifs attribués à la période mongole, lorsque des dessins issus de l'art chinois firent leur entrée dans les tapis persans., fleur sacrée dans la symbolique du tapis persan ; une autre lecture y reconnaît la coupole intérieure d’une mosquée.
Le médaillon floralTapis floral construit autour d'un médaillon central unique, soit une seule grande fleur, soit un groupe de petites fleurs réunies en une seule forme, souvent repris par de plus petits médaillons au-dessus, au-dessous et de chaque côté. Ce médaillon passe traditionnellement pour figurer le lotus sacré. Comme il occupe une partie du champ, les fleurs et les branches y sont plus petites et plus fines que dans les tapis floraux à dessin all-over. Ce dessin est typique des tapis de Tabriz, de Kerman, de Sarouk et de Kashan, et son centre affirmé en fait un point focal naturel d'une pièce., cerné de fines branches et de médaillons plus petits, est typique des ateliers urbains ; anguleux, souvent hexagonal, le médaillon géométriqueComposition où un grand médaillon anguleux occupe le centre du champ, avec des écoinçons distincts et un décor beaucoup plus léger sur le reste du fond, de sorte que le médaillon s'impose comme point focal. De plus petits médaillons géométriques se placent souvent au-dessus et au-dessous du médaillon principal. Elle est typique de tapis de village et tribaux comme ceux de Heriz, d'Abadeh, de Zanjan, de Karadja et de Qashqai, et constitue l'équivalent anguleux du médaillon central floral. appartient au tissage villageois et tribal, comme à HerizTapis de village aux dessins affirmés de la région de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran, près de Tabriz, et les plus célèbres de tous les tapis de village persans. Un velours de laine grossier et résistant sur fondation en coton, généralement à double trame pour plus d'épaisseur, et une densité de nœuds faible à moyenne (couramment donnée à environ 1 900 à 2 600 nœuds pour 10 × 10 cm, soit 120 à 170 nœuds par pouce carré ou KPSI) les rendent très durables ; la solidité de la laine est traditionnellement attribuée à l'eau de montagne cuprifère. Le dessin classique est un grand médaillon anguleux accompagné de quatre écoinçons, parfois une composition all-over, dans un rouge rouille que la tradition attribue aux minéraux de cuivre de la rivière locale, avec du bleu marine foncé et du crème. Les Bakshaish et les Serapi, ces derniers ayant aujourd'hui plus d'un siècle, en sont les formes plus anciennes.. Bien des médaillons s’accompagnent d’écoinçonsL'ornement placé dans chacun des quatre angles du champ, autour d'un médaillon central, et qui fait généralement écho aux motifs ou à la couleur du médaillon ; dans les Tabriz, les angles sont souvent obtenus en divisant le dessin du médaillon en quatre et en employant une partie par angle. Les écoinçons complètent une composition à médaillon et écoinçons et, dans un tapis bien fait, ils se correspondent et sont disposés symétriquement. assortis, et sur un tapis de couloir, le médaillon peut se répéter sur toute la longueur, son dessin intérieur changeant à chaque fois. Un tapis à médaillon demande à être centré : sur la pièce, sur un coin salon ou sur la table à manger.
Un dessin all-over couvre le champ sans centre unique, même si un centre discret se devine souvent. Les all-over floraux associent de grandes fleurs portées par de solides branches à un réseau de rinceaux où peut se poser un oiseau ; le mina khaniMotif répété couvrant tout le champ : des fleurs rondes reliées par un treillis de losanges de rinceaux, généralement avec les corolles en blanc ou en jaune sur fond bleu foncé ou rouge. Très prisé dans les tissages kurdes, baluchis et du nord-ouest de la Perse, le dessin se lit de loin comme un champ d'étoiles. Son nom est populairement rattaché à un mécène légendaire, Mina Khan. inscrit de petites fleurs rondes dans un treillis de losanges. Les all-over géométriques répètent une même forme rangée après rangée, comme le gulMotif de fleur stylisée, octogonal ou polygonal, répété en rangées sur le champ des tapis turkmènes. Cette même répétition est typique des tapis baluchis, où une fleur s'inscrit dans chaque octogone, et des tapis boukhara, tissés surtout au Pakistan d'après des modèles turkmènes. Dans les tapis turkmènes anciens, chaque tribu (Tekke, Salor, Ersari et d'autres) conservait en général son propre gul, de sorte qu'un expert peut souvent reconnaître la tribu d'après le motif, alors que les pièces modernes mêlent librement les guls. Le mot signifie « fleur » ou « rose » en persan, bien que les formes soient très géométriques et non naturalistes. du tapis turkmèneTapis tribaux tissés par des nomades turkmènes (turcomans), dont les ancêtres venaient de la région afghane et ouzbèke et qui se sont établis ensuite dans la région turkmène de l'Iran. Des rangées de guls octogonaux (« fleurs ») couvrent un champ rouge profond, brun rougeâtre ou, plus rarement, crème, rehaussé de noir, de bleu, de vert ou de beige ; on trouve aussi des dessins de prière. La fondation et le velours sont généralement en laine, qui proviendrait du sous-poil doux de la toison des moutons karakul, bien qu'on emploie parfois une fondation en coton. Dans les pièces anciennes, chaque tribu conservait son propre dessin de gul, alors que les tapis plus récents les mêlent librement. Les dessins turkmènes ont inspiré les tapis Boukhara et Khal Mohammadi et sont le dessin persan le plus proche du travail baluchi, qu'ils ont précédé ; leur velours bas à moyen convient aux endroits où les portes balaient le tapis., ou la laissent évoluer au fil du champ. Sans rien à aligner, un tapis all-over trouve sa place partout dans une pièce.
Le motif heratiDessin persan classique fondé sur un losange répété sur tout le champ, contenant une petite fleur ou des feuilles et flanqué de feuilles recourbées ; les feuilles se lisent comme des poissons stylisés qui, dit-on, tournent autour d'un lotus. Le nom vient de Hérat, la ville d'Afghanistan d'où le dessin serait originaire ; on l'appelle aussi motif au poisson, et mahi signifie « poisson » en persan. C'est l'une des trois grandes familles de dessins : il se tisse en dessin all-over ou autour d'un médaillon central, avec des losanges à l'intérieur comme à l'extérieur de celui-ci, et apparaît parfois en fine bordure. Il est courant dans les tapis de Tabriz, de Sarouk, de Mashhad, de Moud, de Bijar, de Hamadan, d'Abadeh, de Zanjan, de Kerman et de Kashan. couvre le champ de petits losanges répétés, chacun portant une fleur en son centre et une feuille recourbée de chaque côté. La tradition voit dans ces feuilles des poissons qui nagent autour d’un lotus, d’où ses autres noms, motif au poisson ou dessin mahi (mahi signifie « poisson » en persan). Le nom renvoie à HératTapis de Herat, ville historique de l'ouest de l'Afghanistan qui fut l'un des principaux centres de production de tapis de l'époque safavide (du XVIe au début du XVIIIe siècle), avec Tabriz, Kashan et Kerman. La ville a aussi donné son nom au dessin herati, un losange répété contenant une petite fleur ou des feuilles, flanqué de feuilles recourbées, qui y serait né et qui se tisse encore dans de nombreux tapis persans., aujourd’hui en Afghanistan, berceau supposé du dessin. Il remplit seul le champ ou entoure un médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet..
Le botehMotif en forme de goutte à pointe supérieure recourbée, omniprésent depuis des siècles dans les tissages persans et cachemiriens. Le mot persan se glose par « fleur ou plante en bourgeon », et le motif figure la croissance et la régénération ; on y voit aussi un cyprès qui plie sous le vent mais rompt rarement, une flamme, une graine, une pomme de pin ou une amande stylisée. Lorsque les manufactures écossaises se mirent à imiter les châles du Cachemire au XIXe siècle, le boteh devint connu en Occident sous le nom de « paisley », d'après la ville de Paisley. Dans les tapis, il se répète le plus souvent sur tout le champ, notamment dans les pièces de Tabriz, de Sarouk, de Kerman, de Mashhad et de Malayer., le plus souvent répété en rangées, est une goutte arrondie qui s’effile en une pointe recourbée. Le mot persan se traduit généralement par « plante en bourgeon » ou « fleur en bouton », et la tradition fait de cette forme un emblème de croissance et de renouveau. On y voit aussi une flamme, ou un cyprès, arbre qui plie sous le vent mais rompt rarement : une image de la résilience. L’Occident l’appelle paisley, du nom de la ville écossaise dont les manufactures ont copié au XIXe siècle les châles du Cachemire ; en France, on parle aussi de motif cachemire.
Un tapis à arbre de vieDessin où un grand arbre richement travaillé s'élève sur la majeure partie du champ, entouré d'ornements végétaux, avec des oiseaux, des animaux et des fleurs répartis dans ses branches. L'arbre peut aussi occuper un seul panneau d'un tapis à panneaux de jardin ou apparaître comme motif de bordure. Dans la tradition persane, il représente le lien entre la terre et l'environnement, se lit aussi comme un lien entre le ciel et la terre, et symbolise la force, la sagesse et la continuité de la vie. Il se tisse sur des tapis de Tabriz, de Kashan, d'Ispahan, de Kerman et de Malayer, ainsi que sur des tapis baluchi. consacre l’essentiel de son champ à un grand arbre, avec des oiseaux, des animaux et des fleurs parmi ses branches. On lui prête la signification d’un lien entre la terre et tout ce qui y vit, et d’un pont entre le ciel et la terre : un signe de force, de sagesse et de longue vie. Le même arbre apparaît aussi dans l’un des carrés d’un dessin à panneaux de jardinComposition où le champ est divisé en une grille de panneaux encadrés, pour la plupart carrés, chacun abritant son propre jardin imaginaire de fleurs, de plantes, d'arbres et d'oiseaux, généralement sur un fond d'une seule couleur qui lui est propre. Les scènes varient, des cyprès et des villas aux lacs, aux cerfs dans une forêt ou à un arbre de vie, et dans certains tapis les panneaux représentent les quatre saisons. Pour les tisserands, chaque panneau est une fenêtre ouverte sur le paradis et un signe d'espoir en un avenir radieux. Surtout connu à travers les tapis bakhtiar, ce dessin se tisse aussi à Tabriz, à Sarouk, à Kashmar, à Kerman et à Qom. Le nom persan Kheshti vient de khesht (« brique »), en référence aux cadres carrés., ou le long d’une bordure.
Le dessin à panneaux de jardinComposition où le champ est divisé en une grille de panneaux encadrés, pour la plupart carrés, chacun abritant son propre jardin imaginaire de fleurs, de plantes, d'arbres et d'oiseaux, généralement sur un fond d'une seule couleur qui lui est propre. Les scènes varient, des cyprès et des villas aux lacs, aux cerfs dans une forêt ou à un arbre de vie, et dans certains tapis les panneaux représentent les quatre saisons. Pour les tisserands, chaque panneau est une fenêtre ouverte sur le paradis et un signe d'espoir en un avenir radieux. Surtout connu à travers les tapis bakhtiar, ce dessin se tisse aussi à Tabriz, à Sarouk, à Kashmar, à Kerman et à Qom. Le nom persan Kheshti vient de khesht (« brique »), en référence aux cadres carrés. divise le champ en une grille de carrés encadrés, d’où son nom persan, kheshti, de khesht, « brique ». Chacun abrite un jardin persan imaginaire, fait de fleurs, de cyprès et d’oiseaux, sur un fond de couleur qui lui est propre, et l’on dit que les tisserands voient dans chaque panneau un aperçu du paradis. C’est dans les tapis bakhtiarTapis colorés des Bakhtiaris, tribu des monts Zagros restée nomade jusqu'à ce qu'une grande partie de ses membres se sédentarise au sud-ouest d'Ispahan au XIXe siècle, et dont le tissage s'étend aujourd'hui à plus de 200 villages ; les petites pièces relèvent plutôt du travail tribal, les grandes des villages de la région. La fondation est en général en coton sous un velours de laine issue des moutons de la tribu, même si certaines petites pièces tribales sont entièrement en laine, et chaque rangée est tassée si fort que le velours devient dense et durable. Les compositions emblématiques sont le dessin à panneaux de jardin (khesti, aussi écrit kheshti), quadrillage de carrés encadrés montrant chacun une scène de jardin conçue comme une vue du paradis, et le dessin à médaillon et écoinçons, au médaillon central semi-géométrique. Le rouge profond et le bleu marine foncé sont les couleurs de champ habituelles. qu’on le connaît le mieux. Un champ à décor floral peut porter la même idée sans les cadres : ses rinceaux passent pour faire entrer les jardins du paradis dans la maison, au cœur d’une terre aride.
Dans le dessin à vasesComposition de vases fleuris répartis sur l'ensemble du tapis, souvent avec un grand vase au centre, entouré de vases plus petits autour du médaillon, cet agencement se répétant ensuite sur tout le champ. Dans la tradition persane, le vase fleuri symbolise la croissance et les opportunités ; on y voit aussi un symbole d'abondance et de paradis. Ce dessin est typique des Kashmar et se rencontre également dans les Bakhtiar, les Tabriz, les Sarouk, les Qom et les Kashan ; dans les Kashmar et les Kashan, des vases peuvent aussi figurer dans la bordure., des vases de fleurs se dressent sur tout le champ. Souvent, un grand vase occupe le centre, la place que prendrait un médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet., entouré de vases plus petits, et l’ensemble peut se répéter à la manière d’un dessin all-over. On voit dans le vase fleuri un symbole de croissance et d’opportunités, ainsi que d’abondance ; comme les panneaux de jardin, il est aussi associé au paradis. Les tapis de KashmarTapis de Kashmar, ville du nord-est de l'Iran près de Mashhad, dont les tisserands apportent les pièces terminées au marché de Mashhad. Moins célèbres que ceux de Tabriz, de Mashhad ou de Kashan, ils sont souvent sous-estimés au regard de leur qualité : une bonne laine, souvent une forte densité de nœuds et des teintures végétales, pour un prix modeste. Les couleurs sont des tons de terre doux : crème tirant sur le brun, bleu clair et foncé, orange, brun et un rose caractéristique. Les dessins typiques sont un médaillon avec écoinçons et bordure, parfois avec des vases à la place des fleurs, et des dessins de jardin à panneaux dont chacun montre une scène, comme un lac et des arbres, un arbre de vie ou des cerfs dans une forêt. Le velours est mince à moyennement épais. À ne pas confondre avec le Cachemire. sont réputés pour ce dessin.
Le dessin Shah AbbasiStyle floral persan classique, né comme motif de la cour royale il y a environ 400 ans et nommé d'après le souverain safavide Shah Abbas. Ses traits principaux sont des feuilles de palmette stylisées, semblables à des plumes, et des fleurs de lotus, le lotus étant un ancien symbole de longue vie, disposées en symétrie stricte avec des ornements en rinceaux autour d'un médaillon central, souvent une rosace. Les premiers exemplaires privilégiaient les rouges et les bleus profonds, tandis que les tapis plus tardifs de ce style adoptent souvent des tons neutres atténués. Le dessin se retrouve sur des tapis de Kashan, de Nain et de Tabriz. doit son nom à Shah Abbas, souverain safavide de 1588 à 1629, et c’est à sa cour qu’il est apparu. Des feuilles de palmetteMotif floral stylisé en forme d'éventail ou de feuille de palmier, dont les pétales ou les feuilles s'ouvrent à partir d'une base unique. Il se répète dans les champs et les bordures de tapis de ville comme ceux de Kashan et de Tabriz, le plus souvent aux côtés de rinceaux d'arabesque, de rosaces et de rameaux fleuris. Dans les tapis de Sultanabad, les palmettes sont dessinées en très grand format et s'insèrent parmi des rinceaux anguleux dans un dessin all-over. semblables à des plumes et la fleur de lotusMotif de fleur stylisée, considéré dans la tradition du tapis persan comme une fleur sacrée et associé à la longue vie. Le médaillon central d'un tapis à médaillon floral se lit comme un lotus, dessiné soit en une grande fleur, soit en plusieurs petites. Le lotus est aussi l'un des éléments principaux du dessin Shah Abbasi, et dans le dessin herati, les feuilles en forme de poisson entourent, dit-on, un lotus. Les fleurs de lotus comptent parmi les motifs attribués à la période mongole, lorsque des dessins issus de l'art chinois firent leur entrée dans les tapis persans., symbole de longue vie selon la tradition, s’équilibrent autour d’un médaillon centralGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet., souvent une rosaceOrnement rond en forme de fleur, dont les pétales rayonnent régulièrement à partir d'un centre, comme une fleur vue de dessus. À partir du XVIe siècle environ, à mesure que le dessin floral gagnait les tapis persans, les tisserands commencèrent à placer une rosace au centre du champ, ce qui donna naissance au médaillon central des tapis de ville floraux, comme le médaillon circulaire en rosace, à lignes en volutes, d'un Tabriz rond à dessin Shah Abbasi. Sur les tapis d'Abadeh, une petite rosace travaillée en bleu marine, en rouge ou en crème marque le centre du médaillon, ce qui est l'un des moyens de distinguer ce type. Les rosaces se répètent aussi le long des bordures, comme dans les tapis de Tabriz et bakhtiar, et parmi les rinceaux et les palmettes des tapis de Sultanabad., si bien que chaque moitié est le miroir de l’autre. Bien des tapis à fleurs puisent dans son répertoire, et son lotus, celui-là même que la tradition reconnaît dans un médaillon floralTapis floral construit autour d'un médaillon central unique, soit une seule grande fleur, soit un groupe de petites fleurs réunies en une seule forme, souvent repris par de plus petits médaillons au-dessus, au-dessous et de chaque côté. Ce médaillon passe traditionnellement pour figurer le lotus sacré. Comme il occupe une partie du champ, les fleurs et les branches y sont plus petites et plus fines que dans les tapis floraux à dessin all-over. Ce dessin est typique des tapis de Tabriz, de Kerman, de Sarouk et de Kashan, et son centre affirmé en fait un point focal naturel d'une pièce., remonterait à une époque antérieure, la période ilkhanideÉpoque de la domination mongole et ilkhanide sur la Perse, que certaines histoires du tapis font courir du XIVe siècle jusque dans le XVIe. On lui attribue le mélange de l'art chinois et de l'art islamique dans le dessin des tapis persans : les compositions picturales à espace ouvert et des motifs comme le phénix, le lotus, le nuage tchi et le dragon remontent à ce contact, et le tissage du tapis persan tel qu'on le connaît aujourd'hui pourrait y avoir commencé. Il reste peu de témoignages, une grande partie de la production de la période ayant été détruite, mais de rares aperçus de ses tapis montrent l'apparition de motifs floraux et d'oiseaux..
Un tapis de prièrePetits tapis conçus pour la prière islamique, ornés chacun d'un mihrab (aussi écrit mehrab), porte en arche qui symbolise la niche d'une mosquée et rappelle à la personne en prière qu'elle se tient dans un espace sacré ; l'arche marque aussi la direction de La Mecque. Le dessin est unidirectionnel, conçu pour être regardé depuis une extrémité, et l'arche peut se réduire à un simple contour ou prendre la forme d'un cadre architectural élaboré, à colonnes. Les tapis de prière ne dépassent souvent guère 90 × 150 cm environ (3 × 5 pieds) ; on dit qu'ils remontent aux tout premiers temps du tissage de tapis dans les pays musulmans, et ils sont tissés notamment par des tisserands turkmènes, baluchis, de Qom, d'Ispahan et de Malayer. Tout petit tapis peut servir à prier, mais un véritable tapis de prière a l'arche pour point focal. s’organise autour du mihrabNiche en forme d'arche ou de porte, tissée à l'une des extrémités du champ d'un tapis de prière, qui reprend la niche d'une mosquée marquant la direction de La Mecque. Elle est le point focal du tapis et rappelle à la personne en prière qu'elle se tient dans un espace sacré. Le dessin va du simple contour d'une porte à une représentation architecturale avec colonnes et détails fins., une porte en arche placée à une extrémité du champ, qui reprend la niche ménagée dans le mur d’une mosquée, tournée vers La Mecque. Simple contour ou véritable architecture à colonnes, l’arche est là pour rappeler à quiconque s’y agenouille qu’il se tient sur un sol sacré. Ces tapis sont de petite taille, souvent pas plus de 90 × 150 cm environ, et sont dessinés pour être regardés dans un seul sens. N’importe quel petit tapis peut servir à la prière, mais seul celui qui porte l’arche est un tapis de prière au sens du métier.
Le dessin à champ ouvertComposition dont l'essentiel du champ reste dégagé, généralement d'une seule couleur unie, avec seulement quelques fleurs en lignes courbes et parfois un médaillon. Elle existe sous trois formes : un médaillon central unique, deux médaillons ou plus qui se répètent, ou un semis de motifs sur tout le champ, avec beaucoup d'espace entre eux. On dit que cette composition évoque la couverture d'un Coran ; elle se rencontre surtout dans les tapis de ville persans, tels ceux de Tabriz, de Kashan, de Sarouk, de Hamadan et de Kerman, ainsi que dans les tapis de Bidjar. Faute de décor pour les masquer, les irrégularités de la laine ou de la teinture ressortent nettement. laisse l’essentiel du champ uni, d’une seule couleur, avec quelques fleurs sur des tiges incurvées, et l’on dit qu’il s’inspire de la couverture d’un Coran. Il se décline avec un médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet. unique, avec des médaillons qui se répètent, ou en un semis de motifs très espacés sur tout le champ. Le plus souvent tissé dans les ateliers urbains, il ne cache rien : la moindre irrégularité de la laineFibre animale naturelle qui sert à réaliser le velours des tapis de haute qualité et, dans certains d'entre eux, la fondation. Elle est durable, résiliente, résistante aux taches et ignifuge, douce et moelleuse sous le pied ; elle isole du froid, prend facilement la teinture et la conserve de nombreuses années. Elle retient aussi les particules de poussière, ce qui contribue à limiter les réactions allergiques. La qualité dépend avant tout des pâturages où paissent les moutons : les pâturages d'altitude et une bonne alimentation donnent une laine plus épaisse et plus grasse, les laines de Manchester, de Nouvelle-Zélande et de Ghazni en étant les exemples prisés les plus connus. La tonte au début du printemps et le filage à la main (qui donne un fil plus fin et plus doux que le filage à la machine) l'améliorent encore, tandis que la laine mince et sèche de moutons morts finit dans des tapis bon marché. ou de la teinture se voit aussitôt, tout comme l’abrashSubtiles variations de couleur au sein d'un tapis fait main, souvent visibles sous forme de bandes horizontales traversant le champ. Elles tiennent à ce que des lots de teinture successifs ne sont jamais tout à fait identiques, à ce que les différences de teneur de la laine en graisses et en huiles font évoluer les couleurs de façon inégale avec le temps et, dans les zones crème tissées en laine non teinte, à ce que la fibre change de ton en vieillissant. L'abrash se marque souvent davantage avec l'âge : dans un tapis ancien, il passe donc pour le signe de teintures naturelles et d'une production manuelle plutôt que pour un défaut, alors qu'un tapis plus récent reste contrôlé sur l'uniformité de sa couleur. Les tapis fabriqués à la machine et certains tapis noués main neufs l'imitent volontairement., trait naturel d’un tapis d’un certain âge.
Un tapis figuratifTapis tissé comme un tableau, avec des paysages, des scènes historiques ou mythologiques, des récits bibliques ou autres et des personnages à la place d'un ornement répété, comparable par sa composition à l'art traditionnel. Ils sont l'œuvre de maîtres tisserands d'ateliers de ville, principalement à Tabriz, connue pour la grande variété de ses dessins figuratifs, et aussi à Kashan, à Ispahan et à Sarouk. Les visages et les zones florales sont souvent tissés avec une densité de nœuds plus élevée que le reste du tapis ; il vaut donc mieux calculer la densité de nœuds en faisant la moyenne de deux ou trois zones., ou tapis pictural, se tisse comme un tableau et se compose comme un peintre construit sa toile : un paysage, un épisode de l’histoire, un récit comme celui de Layla et MajnunThème figuratif de tapis tiré d'un récit d'amour persan classique de deux jeunes gens dont les familles leur interdisent de se marier. L'homme, appelé Majnun (« le fou »), perd la raison, consumé par le désir, et erre dans le désert en composant des poèmes et des chants ; la femme, Layla, est donnée en mariage à un riche noble pour sauvegarder l'honneur de sa famille et meurt de chagrin, tandis que lui pleure sur sa tombe jusqu'à en mourir. La version persane la plus connue est le roman en vers de Nizami (1188), et le récit figure sur des tapis picturaux, par exemple de Tabriz.. Ces tapis comptent parmi les plus rudes épreuves pour un maître tisserand et sortent des ateliers urbains, à TabrizTapis de Tabriz, grande ville du nord-ouest de l'Iran et ancienne capitale safavide, et des villages qui l'entourent, où l'on fait remonter le tissage au moins au XVIe siècle. Les tisseurs emploient le nœud turc et de petits crochets métalliques, qui donnent des dessins très réguliers et symétriques, en général sur une fondation en coton (en soie pour les pièces les plus fines), souvent à double trame, avec un velours tondu ras à moyen. Les densités vont d'environ 8 à 78 nœuds par cm² (environ 50 à 500 nœuds par pouce carré), les pièces à fondation en soie pouvant dépasser environ 93 nœuds par cm² (600 par pouce carré), et les rehauts de soie donnent de la vivacité aux dessins floraux. Certains ateliers ne tissent que des tapis en laine et soie, en privilégiant les pastels. Tabriz offre la plus vaste gamme de dessins et de couleurs de toutes les provenances persanes : dessins à médaillon, floraux, herati, de chasse et à vases, ainsi que la plupart des portraits picturaux. Un tapis vendu comme « de style Tabriz » n'est pas nécessairement tissé à Tabriz. avant tout. Le dessin de chasseComposition figurative où le champ est rempli d'animaux en pleine poursuite ou en fuite, comme le léopard, le cerf, le renard, le lapin et des oiseaux. Certains exemplaires comptent bien plus d'une centaine d'animaux différents, et quelques-uns portent une seconde scène dans la bordure, à la place des fleurs habituelles, par exemple des hérons, des grues ou des cerfs au repos sous des arbres en fleurs. Le dessin se tisse sur des tapis d'Ispahan, de Qom, de Kerman et de Tabriz. Le terme persan shikargah (ou shekargah) signifie « terrain de chasse »., dont le champ fourmille d’animaux en pleine poursuite, en est un proche parent.
Jusqu’à la période safavideMaison régnante de Perse qui gouverna à partir de 1501, avec le chah Ismaïl pour premier souverain, jusque dans les années 1730 ; le mécénat de sa cour en faveur de la peinture, de la calligraphie et du tissage fit de cette période l'âge d'or du tapis persan. De nombreux chefs-d'œuvre des musées et des grandes ventes aux enchères datent de cette époque, Tabriz, Herat, Kashan et Kerman en étant les plus grands centres. À mesure que les dessins se compliquaient, les concepteurs, souvent des peintres de miniatures, se dissocièrent des tisserands qui travaillaient d'après leurs projets ; le grand médaillon central, les compositions curvilignes et géométriques et des fleurs et rinceaux plus riches devinrent des marques distinctives, et les dessins furent normalisés pour l'exportation vers les marchés asiatiques et européens. L'invasion afghane d'Ispahan en 1722 interrompit pendant plusieurs années le tissage dans les principaux centres de production, mais les tribus et les villages poursuivirent leur activité., le tisserand était le plus souvent aussi le dessinateur. À mesure que les compositions se compliquaient, des dessinateurs spécialisés, dont beaucoup étaient des peintres de miniatures, se sont mis à tracer chaque motif sur un carton de nouagePlan dessiné, aussi appelé plan de travail ou carton, que le tisserand d'un atelier suit nœud par nœud. À la période safavide, à mesure que les motifs se compliquaient, des dessinateurs distincts, souvent des peintres de miniatures, auraient tracé les motifs sur de tels plans, de sorte que les tisserands n'exécutaient plus que les dessins d'autrui, et des écoles de tissage se sont développées autour de ce mode de travail. Si les tapis de ville des ateliers de lieux comme Tabriz et Ispahan sont si précis, c'est parce qu'ils sont tissés d'après de tels plans. Les tisserands de village s'appuient beaucoup moins sur des plans, et les tisserands tribaux travaillent de mémoire et d'après des dessins transmis au sein de la famille, si bien que leurs tapis tendent à être moins symétriques., que les tisserands suivaient ensuite. Les ateliers urbains travaillent toujours ainsi, d’où la symétrie presque parfaite de leurs tapis : chaque nœud se place là où le carton l’indique.
Les tisserands des villages et des tribus, parmi lesquels les BakhtiariTapis colorés des Bakhtiaris, tribu des monts Zagros restée nomade jusqu'à ce qu'une grande partie de ses membres se sédentarise au sud-ouest d'Ispahan au XIXe siècle, et dont le tissage s'étend aujourd'hui à plus de 200 villages ; les petites pièces relèvent plutôt du travail tribal, les grandes des villages de la région. La fondation est en général en coton sous un velours de laine issue des moutons de la tribu, même si certaines petites pièces tribales sont entièrement en laine, et chaque rangée est tassée si fort que le velours devient dense et durable. Les compositions emblématiques sont le dessin à panneaux de jardin (khesti, aussi écrit kheshti), quadrillage de carrés encadrés montrant chacun une scène de jardin conçue comme une vue du paradis, et le dessin à médaillon et écoinçons, au médaillon central semi-géométrique. Le rouge profond et le bleu marine foncé sont les couleurs de champ habituelles. et les QashqaiTapis tribaux tissés par les Qashqai, tribu nomade du sud-ouest de l'Iran qui réunit des groupes turciques, arabes, kurdes et lurs et vit dans la région depuis le XVIe siècle au moins. Les dessins sont tissés de mémoire plutôt que d'après des plans écrits : ils associent des compositions géométriques et à médaillon, parfois sous une forme plus simple, aux détails clairsemés, à des animaux, des plantes et des objets domestiques, dans des rouges, des ors safran et des indigos aux tons de pierres précieuses, souvent sur des fonds rouge profond ou bleu marine foncé. La laine épaisse et robuste des troupeaux mêmes de la tribu, durable mais douce, forme sur une fondation en coton ou en laine un velours dense, de hauteur moyenne, qui convient aux zones de passage ; les métiers compacts limitent la taille des pièces, généralement 1,2 × 1,8 m (4 × 6 pieds) ou 1,5 × 2,1 m (5 × 7 pieds), auxquelles s'ajoutent des tapis de couloir., tissent surtout de mémoire, d’après des dessins transmis au sein de la famille et puisés dans leur environnement. Cela se voit à un motif qui change de taille ou à une bordure qui ne tourne pas tout à fait proprement à l’angle : des marques du travail à la main, non des défauts.
Les premiers tapis ont été tissés contre le froid et l’humidité, et le décor a suivi. Dès le Ve siècle av. J.-C., il était bien établi : le tapis de PazyrykPlus ancien tapis à velours noué connu au monde, tissé vers le Ve siècle av. J.-C. et découvert en 1949 dans la tombe gelée d'un noble scythe, dans les monts Altaï de Sibérie. Des pillards de tombes avaient laissé le tumulus ouvert : le froid et l'humidité ont donc gelé la chambre funéraire et scellé le tapis dans la glace pendant quelque 2 500 ans. Ses nœuds symétriques, environ 36 au centimètre carré (soit à peu près 230 au pouce carré), montrent que le tissage de tapis était déjà un art abouti dans l'Antiquité. On le décrit souvent comme le plus ancien tapis persan et comme un témoignage précoce du tissage tribal, un savoir-faire né comme protection contre le froid et l'humidité. Il est exposé au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg., le plus ancien tapis noué connu, encadre son champ de bordures de cerfs et de cavaliers. Bien plus tard vient la période ilkhanideÉpoque de la domination mongole et ilkhanide sur la Perse, que certaines histoires du tapis font courir du XIVe siècle jusque dans le XVIe. On lui attribue le mélange de l'art chinois et de l'art islamique dans le dessin des tapis persans : les compositions picturales à espace ouvert et des motifs comme le phénix, le lotus, le nuage tchi et le dragon remontent à ce contact, et le tissage du tapis persan tel qu'on le connaît aujourd'hui pourrait y avoir commencé. Il reste peu de témoignages, une grande partie de la production de la période ayant été détruite, mais de rares aperçus de ses tapis montrent l'apparition de motifs floraux et d'oiseaux., celle de la domination mongole, que l’on crédite d’avoir marié l’art chinois et l’art islamique dans le dessin persan, et d’y avoir fait entrer, avec eux, le lotus, le nuage tchiMotif de nuage stylisé, en forme de ruban, qui s'enroule en lobes doux et tourbillonnants et dont l'origine est chinoise. Il compte parmi les motifs attribués à la période mongole (ilkhanide) du tissage persan, lorsque des dessins venus de Chine se sont mêlés à l'art islamique, avec le lotus, le dragon et le phénix. Peu de tapis de cette période ont survécu., le phénix et le dragon.
Sous la dynastie safavideMaison régnante de Perse qui gouverna à partir de 1501, avec le chah Ismaïl pour premier souverain, jusque dans les années 1730 ; le mécénat de sa cour en faveur de la peinture, de la calligraphie et du tissage fit de cette période l'âge d'or du tapis persan. De nombreux chefs-d'œuvre des musées et des grandes ventes aux enchères datent de cette époque, Tabriz, Herat, Kashan et Kerman en étant les plus grands centres. À mesure que les dessins se compliquaient, les concepteurs, souvent des peintres de miniatures, se dissocièrent des tisserands qui travaillaient d'après leurs projets ; le grand médaillon central, les compositions curvilignes et géométriques et des fleurs et rinceaux plus riches devinrent des marques distinctives, et les dessins furent normalisés pour l'exportation vers les marchés asiatiques et européens. L'invasion afghane d'Ispahan en 1722 interrompit pendant plusieurs années le tissage dans les principaux centres de production, mais les tribus et les villages poursuivirent leur activité., de 1501 jusque dans les années 1730, le tapis persan a connu son âge d’or : le mécénat royal a apporté le grand médaillon centralGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet., le dessin floral curviligne et des rinceaux plus riches, et les motifs ont été normalisés pour l’exportation. Au XIXe siècle, sous la dynastie kadjareÉpoque de la dynastie kadjare, qui régna sur la Perse au XIXe siècle et connut la plus grande production de tapis de l'histoire persane. Le tissage reprit après les troubles du XVIIIe siècle qui avaient interrompu l'activité des principaux centres de fabrication, et les exportations vers l'Europe et l'Amérique prospérèrent, l'Angleterre et l'Allemagne étant les plus gros acheteurs. De nouveaux centres comme Sultanabad et Kashan montèrent en puissance aux côtés de Tabriz et de Kerman, et des sociétés européennes et américaines établirent leurs propres pôles de fabrication en Perse. Les tapis de ces grandes manufactures suivent des dessins normalisés et faciles à reconnaître, à la différence des tapis de village et tribaux, dont les tisserands conçoivent encore leurs propres motifs., la production a atteint son apogée, et les dessins d’atelier sont devenus assez uniformes pour révéler d’un coup d’œil l’origine d’un tapis.
Un dessin situe un tapis plus facilement qu’il ne le date. Quelques dessins appartiennent bel et bien à une époque : le dessin Ziegler MahalType de tapis persan produit à l'origine, à la fin du XIXe siècle, pour le marché européen par la firme Ziegler & Co., avec des dessins persans traditionnels agrandis et remaniés, dans des couleurs plus douces et plus estompées, adaptées au goût occidental. Un dessin Ziegler Mahal correspond à une période de production précise, mais les anciens dessins Ziegler sont encore reproduits aujourd'hui, si bien que le dessin seul ne permet pas de dater un tapis. Le nom est aussi l'une des appellations commerciales, avec Oushak, Peshawar, Chobi et Ferahan, données aux tapis d'atelier fabriqués au Pakistan depuis les années 1970 environ dans des dessins persans et turcs traditionnels, avec un velours de laine sur une fondation en coton ; l'appellation retenue varie selon le dessin et la densité de nœuds. est né à la fin du XIXe siècle pour le marché européen, et autour de HerizTapis de village aux dessins affirmés de la région de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran, près de Tabriz, et les plus célèbres de tous les tapis de village persans. Un velours de laine grossier et résistant sur fondation en coton, généralement à double trame pour plus d'épaisseur, et une densité de nœuds faible à moyenne (couramment donnée à environ 1 900 à 2 600 nœuds pour 10 × 10 cm, soit 120 à 170 nœuds par pouce carré ou KPSI) les rendent très durables ; la solidité de la laine est traditionnellement attribuée à l'eau de montagne cuprifère. Le dessin classique est un grand médaillon anguleux accompagné de quatre écoinçons, parfois une composition all-over, dans un rouge rouille que la tradition attribue aux minéraux de cuivre de la rivière locale, avec du bleu marine foncé et du crème. Les Bakshaish et les Serapi, ces derniers ayant aujourd'hui plus d'un siècle, en sont les formes plus anciennes., le style local a évolué, des BakshaishTapis de la phase plus ancienne, d'aspect plus tribal, du tissage de la région de Heriz, réalisés dans les années 1870 ou plus tôt, avec des compositions ouvertes et lâchement agencées. Les spécialistes les situent avant les Serapi, plus structurés mais encore ouverts, de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe, et avant les dessins de Heriz plus chargés tissés après les années 1910 ; le degré de ressemblance d'un dessin avec cette phase les aide à estimer l'âge d'un tapis de la région de Heriz. Le nom vient de Bakhshayesh, ville du district de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran. et des SerapiTapis persan ancien de la région de tissage de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran, qui représente l'étape intermédiaire du dessin de Heriz : plus structuré que les Bakshaish, plus tribaux et plus ouverts, des années 1870 et antérieures, mais moins chargé que les Heriz tissés à partir des années 1910. Tissés de la fin du XIXe siècle au tout début du XXe, les Serapi gardent une composition ouverte et aérée, au dessin géométrique affirmé, dans une palette terreuse. Tous ont aujourd'hui plus d'un siècle et sont assez rares ; les collectionneurs les recherchent pour leur attrait décoratif et leur durabilité. aux dessins plus chargés tissés depuis les années 1910. Mais une reproduction de tapis ancienTapis récemment tissé qui reproduit les dessins de tapis bien plus anciens et reçoit souvent une finition vieillie : velours tondu ras, lavage à la pierre, exposition au soleil, teintures naturelles aux nuances adoucies, bien qu'il n'ait aucun âge réel. Les Peshawar (Chobi), ainsi que les tapis de style Oushak et de style Kazak tissés au Pakistan, en sont des exemples typiques. Comme les anciens motifs ne cessent d'être recréés, le dessin seul ne permet pas de dater un tapis, et l'usure n'est pas non plus un indicateur fiable. Les experts examinent plutôt la couleur : les teintures naturelles pâlissent en douceur le long de la fibre du velours, de la pointe à la base, alors qu'une couleur traitée tend à paraître délavée, avec une bande nette. Un tapis censé être très ancien mais sans la moindre réparation peut être une copie récente. peut copier de près un motif d’autrefois : le dessin peut donc évoquer une époque sans trancher la question de la date. Les experts en jugent à la lumière de ce que montre l’envers et de la façon dont chaque couleur a vieilli, de la pointe à la base, et notre service d’estimation de tapis tient compte de l’âge et de l’origine, comme des matières, des teintures et du nouage.
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