Composition où le champ est divisé en une grille de panneaux encadrés, pour la plupart carrés, chacun abritant son propre jardin imaginaire de fleurs, de plantes, d'arbres et d'oiseaux, généralement sur un fond d'une seule couleur qui lui est propre. Pour les tisserands, chaque panneau est une fenêtre ouverte sur le paradis et un signe d'espoir en un avenir radieux. Surtout connu par les tapis bakhtiar, ce dessin se tisse aussi à Tabriz, à Sarouk, à Kashmar, à Kerman et à Qom. Le nom persan Kheshti vient de khesht (« brique »), en référence aux cadres carrés.
Composition de vases fleuris répartis sur l'ensemble du tapis, souvent avec un grand vase au centre, entouré de vases plus petits autour du médaillon, cet agencement se répétant ensuite sur tout le champ. Dans la tradition persane, le vase fleuri symbolise la croissance et les opportunités ; on y voit aussi un symbole d'abondance et de paradis. Ce dessin est typique des Kashmar et se rencontre également dans les Bakhtiar, les Tabriz, les Sarouk, les Qom et les Kashan ; dans les Kashmar et les Kashan, des vases peuvent aussi figurer dans la bordure.
Composition figurative où le champ est rempli d'animaux en pleine poursuite ou en fuite, comme le léopard, le cerf, le renard, le lapin et des oiseaux. Certains exemplaires comptent bien plus d'une centaine d'animaux différents, et quelques-uns portent une seconde scène dans la bordure, à la place des fleurs habituelles, par exemple des hérons, des grues ou des cerfs au repos sous des arbres en fleurs. Le dessin se tisse sur des tapis d'Ispahan, de Qom, de Kerman et de Tabriz. Le terme persan shikargah (ou shekargah) signifie « terrain de chasse ».
Base de tapis dont les fils de chaîne et de trame sont en soie plutôt qu'en coton ou en laine, comme c'est l'usage. La soie, plus fine et plus mince, permet de loger bien plus de nœuds sur une même surface : les tapis sur fondation en soie atteignent typiquement environ 78 à 155 nœuds par centimètre carré (environ 500 à 1 000 par pouce carré). On la rencontre surtout dans les tapis de ville traditionnels fins, le plus souvent de Qom et d'Ispahan, ainsi que dans certains ateliers de Tabriz et dans un groupe particulier de tapis turkmènes yomut. Le velours qui la recouvre peut être en laine, en laine et soie, ou en pure soie.
Tapis de ville persans d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, parmi les plus finement noués au monde : généralement de 500 à 700 KPSI (nœuds par pouce carré, soit environ 7 750 à 10 850 nœuds pour 10 × 10 cm), seulement derrière Qom. La plupart sont tissés en laine kork fine ; certains ont un velours en laine et soie sur une fondation en soie ou en coton, et quelques-uns sont en pure soie. Les dessins puisent dans la nature et l'architecture de la ville, des compositions à médaillon et écoinçons et des dessins floraux all-over aux scènes de chasse, arbres de vie, niches de prière et jardins picturaux, le plus souvent en pastels doux avec de l'indigo et du rouge vif sur fond ivoire. La plupart des pièces sont signées.
Qualité de laine fine et douce, prélevée sur le cou et la couche intérieure de la toison de jeunes moutons, souvent lors de la première tonte. Grasse, riche en lanoline naturelle, elle est douce et résiliente au toucher et donne aux couleurs un éclat supplémentaire. Elle sert pour le velours de nombreux tapis de ville fins d'Ispahan, de Kerman, de Qom, de Tabriz et de Mashhad, et les anciens Sarouk au velours tondu ras l'emploient aussi. On rencontre également les graphies « cork » et « kurk ».
Tapis persans de la ville de Qom (Qum), centre de tissage relativement jeune dont les tapis figurent parmi les plus denses de tous les types de tapis persans. La plupart sont en pure soie sur fondation en soie, à raison d'environ 600 à 1 000 nœuds par pouce carré (KPSI) ; ceux dont le velours est en laine kork ou en laine et soie se situent autour de 300 à 700 KPSI. Les dessins sont des médaillons floraux, des scènes de chasse et des tapis picturaux, le plus souvent dans des tons pastel doux, ivoire, or et vert sur fond clair ou foncé, et les tapis récents portent généralement la signature de l'atelier. L'eau de la région passe pour adoucir et raviver la soie : des tapis en soie de tout l'Iran y sont donc envoyés pour être lavés.
Nom d'un tisserand ou d'un atelier tissé dans un tapis, soit dans une petite case encadrée (un cartouche), soit directement dans les bandes de la bordure. Il fait office de marque de fabricant qui rattache le tapis aux exigences de cet atelier, et les pièces signées d'ateliers célèbres sont recherchées par les collectionneurs. Tous les tapis d'atelier ne sont pas signés, et un atelier peut cesser d'utiliser sa signature. Les Ispahan et les Qom plus récents en portent généralement une, alors que les Nain et les tapis turkmènes yomut à fondation en soie en portent rarement.
Petits tapis conçus pour la prière islamique, ornés d'un mihrab (aussi écrit mehrab), arche en forme de porte qui représente la niche de prière d'une mosquée et indique la direction de La Mecque. Le dessin est unidirectionnel, conçu pour être regardé depuis une extrémité, et l'arche peut se réduire à un simple contour ou prendre la forme d'un cadre architectural élaboré, à colonnes. Les tapis de prière mesurent généralement environ 90 × 150 cm (3 × 5 pieds) ; c'est un type de tapis de longue tradition dans les pays musulmans, tissé notamment par des tisserands turkmènes, baluchis, de Qom, d'Ispahan et de Malayer. Tout petit tapis peut servir à prier, mais un véritable tapis de prière a l'arche pour point focal.
Tapis dont le velours associe la soie et la laine, le plus souvent en majorité de la laine, avec du fil de soie noué dans certains détails choisis, comme les motifs floraux, pour ajouter de l'éclat et rendre le dessin plus net. La soie permet un nouage plus fin : les densités vont d'environ 6 200 à 10 850 nœuds pour 10 × 10 cm (environ 400 à 700 nœuds par pouce carré, ou KPSI) sur une fondation en coton, et de 7 750 à 15 500 (environ 500 à 1 000 KPSI) sur une fondation en soie. La laine garde au velours son épaisseur et sa durabilité, et le prix reste inférieur à celui d'un tapis en pure soie. Tabriz, Nain, Mashhad, Bidjar, Ispahan et Qom tissent tous ces tapis, et le velours y est généralement tondu ras pour faire ressortir le détail.
Tapis dont le velours est entièrement en soie, tissé sur une fondation en coton ou en soie ; lorsque les deux sont en soie, le tapis ne contient aucune laine. La soie permet la plus forte densité de nœuds de tous les tapis persans, de l'ordre de 9 300 à 15 500 nœuds pour 10 × 10 cm, soit environ 600 à 1 000 nœuds par pouce carré (KPSI), et donne un éclat lumineux qui varie selon la lumière. Environ 90 % des tapis de Qom sont en soie à la fois pour la fondation et pour le velours, de même que certains tapis d'Ispahan. Ce sont les tapis persans les plus chers ; délicats et difficiles à détacher, ils conviennent à l'exposition, aux pièces de réception ou à l'accrochage mural.
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