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De la région deخراسانKhorasan

Khorasan est le nom ancien de tout l'angle nord-est de l'Iran ; on l'interprète d'ordinaire comme « la terre où le soleil se lève ». Le Khorasan historique débordait largement la frontière actuelle et englobait HératTapis de Herat, ville historique de l'ouest de l'Afghanistan qui fut l'un des principaux centres de production de tapis de l'époque safavide (du XVIe au début du XVIIIe siècle), avec Tabriz, Kashan et Kerman. La ville a aussi donné son nom au dessin herati, un losange répété contenant une petite fleur ou des feuilles, flanqué de feuilles recourbées, qui y serait né et qui se tisse encore dans de nombreux tapis persans.Voir dans le dictionnaire des tapis, Balkh et Merv : c'est pourquoi le motif heratiDessin persan classique fondé sur un losange répété sur tout le champ, contenant une petite fleur ou des feuilles et flanqué de feuilles recourbées ; les feuilles se lisent comme des poissons stylisés qui, dit-on, tournent autour d'un lotus. Le nom vient de Hérat, la ville d'Afghanistan d'où le dessin serait originaire ; on l'appelle aussi motif au poisson, et mahi signifie « poisson » en persan. C'est l'une des trois grandes familles de dessins : il se tisse en dessin all-over ou autour d'un médaillon central, avec des losanges à l'intérieur comme à l'extérieur de celui-ci, et apparaît parfois en fine bordure. Il est courant dans les tapis de Tabriz, de Sarouk, de Mashhad, de Moud, de Bijar, de Hamadan, d'Abadeh, de Zanjan, de Kerman et de Kashan.Voir dans le dictionnaire des tapis, dit aussi mahi (poisson), que portent tant de tapis de cette origine, tient son nom d'une ville aujourd'hui afghane. La partie iranienne a été découpée en 2004 en trois provinces : le Khorasan Razavi, dont la capitale est MashhadTapis de ville persans de Mashhad, deuxième plus grande ville d'Iran, dans le nord-est, où le tissage est apparu à la fin du Moyen Âge. Ils sont réputés pour leur forte densité de nœuds (généralement plus de 250 nœuds par pouce carré, ou KPSI, soit environ 39 par cm², et exceptionnellement près de 1 000, soit environ 155 par cm², sur une fondation en soie) et leurs dessins floraux complexes, en compositions à médaillon, à médaillon et écoinçons ou couvrant tout le champ, en rouge vin ou bordeaux, bleu profond, vert et crème. Le velours est en laine sur une fondation en coton, et plus haut que dans la plupart des tapis de ville ; une fondation en soie est rare, et les pièces plus récentes en laine et soie ajoutent de la soie au velours. Les tapis de l'atelier Saber, aujourd'hui fermé, sont devenus des pièces de collection, tandis qu'Astan Qods Razavi reste un nom bien connu.Voir dans le dictionnaire des tapis, le Khorasan du Nord, autour de Bojnourd, et le Khorasan du Sud, autour de Birjand. Sur l'étiquette d'un tapis, le mot désigne toujours la région ancienne, la plus vaste.
C'est donc une appellation générique plutôt qu'un style unique, et les tissages qu'elle réunit sont fort éloignés les uns des autres. Mashhad est un tissage de ville : le dessin est tracé sur papier puis suivi comme un plan, à la manière de TabrizTapis de Tabriz, grande ville du nord-ouest de l'Iran et ancienne capitale safavide, et des villages qui l'entourent, où l'on fait remonter le tissage au moins au XVIe siècle. Les tisseurs emploient le nœud turc et de petits crochets métalliques, qui donnent des dessins très réguliers et symétriques, en général sur une fondation en coton (en soie pour les pièces les plus fines), souvent à double trame, avec un velours tondu ras à moyen. Les densités vont d'environ 8 à 78 nœuds par cm² (environ 50 à 500 nœuds par pouce carré), les pièces à fondation en soie pouvant dépasser environ 93 nœuds par cm² (600 par pouce carré), et les rehauts de soie donnent de la vivacité aux dessins floraux. Certains ateliers ne tissent que des tapis en laine et soie, en privilégiant les pastels. Tabriz offre la plus vaste gamme de dessins et de couleurs de toutes les provenances persanes : dessins à médaillon, floraux, herati, de chasse et à vases, ainsi que la plupart des portraits picturaux. Un tapis vendu comme « de style Tabriz » n'est pas nécessairement tissé à Tabriz.Voir dans le dictionnaire des tapis, d'IspahanTapis de ville persans d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, parmi les plus finement noués au monde : généralement d'environ 7 750 à 10 850 nœuds pour 10 × 10 cm (500 à 700 KPSI, soit nœuds par pouce carré), juste derrière Qom. La plupart sont tissés en fine laine kork issue de jeunes moutons ; certains ont un velours en laine et soie sur une fondation en soie ou en coton, et quelques-uns seraient en pure soie. Les dessins puisent dans la nature et l'architecture de la ville, des compositions à médaillon et écoinçons et des dessins floraux all-over aux scènes de chasse, arbres de vie, niches de prière et jardins picturaux, le plus souvent en pastels doux avec de l'indigo et du rouge vif sur fond ivoire. La plupart des pièces sont signées, et les grands formats sont rares et coûteux.Voir dans le dictionnaire des tapis, de Kachan et de GhomTapis persans de la ville de Qom (Qum), centre de tissage relativement jeune dont les tapis sont réputés pour la plus forte densité de nœuds de tous les types de tapis persans. Environ neuf sur dix sont en pure soie sur fondation en soie, à raison d'environ 93 à 155 nœuds par cm² (soit 600 à 1 000 nœuds par pouce carré, ou KPSI) ; les autres, dont le velours est en laine kork ou en laine et soie, se situent autour de 47 à 108 nœuds par cm² (300 à 700 KPSI). Les dessins sont des médaillons floraux, des scènes de chasse et des tapis picturaux, le plus souvent dans des tons pastel doux, ivoire, or et vert (un champ vert pistache est très recherché), sur fond clair ou foncé. Les tapis récents portent généralement la signature de l'atelier, ce qui n'est souvent pas le cas des plus anciens. L'eau de la région passe pour adoucir et raviver la soie : des tapis en soie de tout l'Iran y sont donc envoyés pour être lavés.Voir dans le dictionnaire des tapis. KashmarTapis de Kashmar, ville du nord-est de l'Iran près de Mashhad, dont les tisserands apportent les pièces terminées au marché de Mashhad. Moins célèbres que ceux de Tabriz, de Mashhad ou de Kashan, ils sont souvent sous-estimés au regard de leur qualité : une bonne laine, souvent une forte densité de nœuds et des teintures végétales, pour un prix modeste. Les couleurs sont des tons de terre doux : crème tirant sur le brun, bleu clair et foncé, orange, brun et un rose caractéristique. Les dessins typiques sont un médaillon avec écoinçons et bordure, parfois avec des vases à la place des fleurs, et des dessins de jardin à panneaux dont chacun montre une scène, comme un lac et des arbres, un arbre de vie ou des cerfs dans une forêt. Le velours est mince à moyennement épais. À ne pas confondre avec le Cachemire.Voir dans le dictionnaire des tapis et MoudTapis de l'est de l'Iran que le commerce vend sous le nom de Moud Mashad, en les classant avec les tapis de Mashhad. Ils portent généralement un dessin herati en beige, bleu, rouille et rouge et sont le plus souvent signés par leur auteur. La fondation est en coton ; les pièces anciennes ont un velours entièrement en laine, tandis que les plus récentes emploient un velours en laine et soie.Voir dans le dictionnaire des tapis sont des tissages de bourg, avec leur répertoire propre, bien fixé. QuchanTapis tribaux réalisés par des tisseurs kurdes autour de Quchan, au nord de Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, région frontalière où les souverains safavides installèrent des tribus kurdes pour aider à garder la frontière. Une fondation en laine ou en poil de chèvre porte un velours de laine d'environ 186 000 nœuds par mètre carré (environ 120 par pouce carré), ce qui est élevé pour un tissage tribal. Des dessins géométriques à médaillon ou couvrant tout le champ, sur un fond rouge, bleu ou ivoire intense, rappellent les tapis caucasiens et, plus encore, les tapis anatoliens, car les ancêtres des tisseurs venaient d'Anatolie. Des métiers compacts limitent les formats à des tailles petites à moyennes, rarement plus larges que 1,8 m (6 pieds) ni plus longs que 4 m (13 pieds).Voir dans le dictionnaire des tapis, au nord-ouest de Mashhad, vers la frontière turkmène, relève du tissage tribal : ni carton ni papier, les dessins se transmettent de mémoire, d'une génération à l'autre. Un tapis présenté comme Khorasan peut appartenir à n'importe laquelle de ces familles ; mieux vaut donc savoir de quelle ville il vient avant de juger ce que l'on a devant soi.
Mashhad s'est développée autour du sanctuaire de l'imam Reza, et l'on y fait remonter le tissage à la fin du Moyen Âge. Sa réputation moderne s'est faite au XIXe siècle, quand les acheteurs anglais et allemands ont porté un immense commerce d'exportation de tapis persans : la ville est alors devenue l'un des rares pôles de fabrication capables d'y répondre, avec Tabriz, SultanabadTapis persans anciens de Sultanabad, ancien nom de la région d'Arak, en Iran, centre de tissage plus récent qui prospéra sous les Kadjars à la fin du XIXe siècle et au début du XXe et approvisionna des acheteurs européens et américains. Leur composition typique est un champ all-over de palmettes surdimensionnées, de fleurs de lotus, de bouquets floraux et de rinceaux anguleux, qui rappelle le dessin Shah Abbasi, traité à la manière rustique des tapis de village plutôt que dans le dessin curviligne précis des tapis de ville. Le bleu indigo ou bleu nuit, associé au rouge rouille ou brique, à l'or et à l'olive, forme une palette classique. Comme Sultanabad n'existe plus sous ce nom, les exemplaires anciens sont rares et atteignent des prix plus élevés.Voir dans le dictionnaire des tapis et KermanTapis persans fins de Kerman, dans le sud de l'Iran, ville située sur l'ancienne route commerciale entre l'Iran et l'Inde et l'un des grands centres historiques du tissage de tapis, réputée pour ses maîtres teinturiers. Les dessins sont très variés : motifs floraux et all-over, arbre de vie, chasse, jardin et champ ouvert, fins décors floraux « de printemps » aux minuscules fleurs, et « technique du vase » caractéristique. Le velours est généralement en laine kork douce sur une fondation en coton, parfois en laine et soie ou en pure soie. Un même tapis peut compter de 15 à 30 couleurs, surtout des rouges profonds, plusieurs bleus, du vert et du crème, avec des pastels comme le champagne, le vert lime, le rose et le bleu-gris dans les pièces plus récentes. Environ la moitié des tapis de Kerman, issus d'ateliers moins réputés, emploient le nœud jufti, un procédé expéditif qui donne un tissage plus clairsemé et de moindre qualité.Voir dans le dictionnaire des tapis. C'est aujourd'hui la deuxième ville du pays, et l'une des quelques villes dont le nom suffit à placer un tapis au sommet de la production persane.
La présence kurde dans le nord-est résulte d'une politique délibérée. Les Safavides ne parvenaient pas à tenir cette portion de frontière face aux tribus voisines, turkmènes notamment ; ils ont donc déplacé des clans kurdes vers l'est et les ont installés ici, les sachant redoutables au combat. Ces colons ont apporté avec eux leur vocabulaire décoratif anatolien, qui ne les a jamais quittés. Les tapis de Quchan restent plus proches du travail kurde du Caucase et d'Anatolie que de tout ce qui se tisse plus au sud de l'Iran, même si quatre siècles de Khorasan leur ont donné un caractère bien à eux.
À Mashhad, le dessin est curviligne, à de rares exceptions près. La composition classique associe un grand médaillonGrand motif placé au centre du champ d'un tapis, autour duquel s'organise le reste du dessin ; le grand médaillon central aurait été introduit à l'époque safavide (XVIe et XVIIe siècles). Les médaillons floraux, typiques des tapis de ville comme les Tabriz, les Kashan et les Sarouk, sont souvent assimilés à une fleur de lotus, et l'on a aussi vu dans le motif le reflet de la coupole intérieure d'une mosquée ; les médaillons géométriques, souvent hexagonaux ou en losange, caractérisent les tapis de village et tribaux comme les Heriz et les Zanjan. Un médaillon peut se trouver seul, s'accompagner de quatre écoinçons, être flanqué de médaillons plus petits en haut et en bas, ou se répéter sur toute la longueur d'un tapis de couloir. Les tapis sans motif central sont dits all-over. Dans un tapis bien fait, le médaillon occupe le centre et les écoinçons se répondent en miroir, autant que le travail à la main le permet.Voir dans le dictionnaire des tapis Shah AbbasiStyle floral persan classique, né comme motif de la cour royale il y a environ 400 ans et nommé d'après le souverain safavide Shah Abbas. Ses traits principaux sont des feuilles de palmette stylisées, semblables à des plumes, et des fleurs de lotus, le lotus étant un ancien symbole de longue vie, disposées en symétrie stricte avec des ornements en rinceaux autour d'un médaillon central, souvent une rosace. Les premiers exemplaires privilégiaient les rouges et les bleus profonds, tandis que les tapis plus tardifs de ce style adoptent souvent des tons neutres atténués. Le dessin se retrouve sur des tapis de Kashan, de Nain et de Tabriz.Voir dans le dictionnaire des tapis unique à un champ saturé de fleurs, avec des écoinçonsL'ornement placé dans chacun des quatre angles du champ, autour d'un médaillon central, et qui fait généralement écho aux motifs ou à la couleur du médaillon ; dans les Tabriz, les angles sont souvent obtenus en divisant le dessin du médaillon en quatre et en employant une partie par angle. Les écoinçons complètent une composition à médaillon et écoinçons et, dans un tapis bien fait, ils se correspondent et sont disposés symétriquement.Voir dans le dictionnaire des tapis fleuris ; ces écoinçons sont d'une longueur inhabituelle, et l'allongement est justement le repère le plus commode pour reconnaître un Mashhad. Les versions florales qui couvrent tout le champ, sans aucun médaillon, sont tout aussi fréquentes, et le rinceau qui porte les fleurs va du trait épais et affirmé au trait fin comme un cheveu, quand il ne disparaît pas complètement. Le botehMotif en forme de goutte à pointe supérieure recourbée, omniprésent depuis des siècles dans les tissages persans et cachemiriens. Le mot persan se glose par « fleur ou plante en bourgeon », et le motif figure la croissance et la régénération ; on y voit aussi un cyprès qui plie sous le vent mais rompt rarement, une flamme, une graine, une pomme de pin ou une amande stylisée. Lorsque les manufactures écossaises se mirent à imiter les châles du Cachemire au XIXe siècle, le boteh devint connu en Occident sous le nom de « paisley », d'après la ville de Paisley. Dans les tapis, il se répète le plus souvent sur tout le champ, notamment dans les pièces de Tabriz, de Sarouk, de Kerman, de Mashhad et de Malayer.Voir dans le dictionnaire des tapis, cette goutte bourgeonnante, et le treillis herati apparaissent l'un et l'autre en motifs secondaires.
La couleur est l'autre signe distinctif. Le rouge de Mashhad tire sur le lie-de-vin ou le bordeaux plutôt que sur le cramoisi vif ; il vient de teintures végétales locales et occupe le plus souvent le champ, face à des bleus foncés et clairs et à des crèmes. Les pièces qui mêlent la soie à la laineFibre animale naturelle qui sert à réaliser le velours des tapis de haute qualité et, dans certains d'entre eux, la fondation. Elle est durable, résiliente, résistante aux taches et ignifuge, douce et moelleuse sous le pied ; elle isole du froid, prend facilement la teinture et la conserve de nombreuses années. Elle retient aussi les particules de poussière, ce qui contribue à limiter les réactions allergiques. La qualité dépend avant tout des pâturages où paissent les moutons : les pâturages d'altitude et une bonne alimentation donnent une laine plus épaisse et plus grasse, les laines de Manchester, de Nouvelle-Zélande et de Ghazni en étant les exemples prisés les plus connus. La tonte au début du printemps et le filage à la main (qui donne un fil plus fin et plus doux que le filage à la machine) l'améliorent encore, tandis que la laine mince et sèche de moutons morts finit dans des tapis bon marché.Voir dans le dictionnaire des tapis sont plus sombres encore : fonds noirs ou bordeaux, réveillés de beige, d'or, de vert clair et de jaune. Rapporté à l'ensemble de la production persane, Mashhad compte parmi les tissages lumineux, aux côtés de Tabriz, de NainTapis persans fins de la ville de Nain, près d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, où le tissage de tapis n'a débuté qu'au XXe siècle, sur le modèle d'Ispahan, et où l'atelier Habibian a rendu le nom célèbre dans le monde entier. Le velours de laine, souvent rehaussé de soie, est noué sur une fondation en coton à raison d'environ 200 à 700 nœuds par pouce carré (KPSI), voire plus (environ 31 à 108 par cm²). La densité se classe sur l'échelle La (« couche ») : plus le chiffre est bas, plus le tapis est fin, d'environ 650 KPSI pour le 4 La à 400-500 KPSI pour le 6 La et 200-300 KPSI pour le 9 La. Les dessins sont des décors floraux curvilignes, en composition à médaillon, all-over ou Shah Abbasi, le plus souvent sur un fond crème ou ivoire avec du bleu, du beige et du gris. La plupart des Nain ne sont pas signés, même si la signature Habibian en est une exception bien connue, et les grands formats sont rares et coûteux.Voir dans le dictionnaire des tapis et de Kachan, et non parmi les plus sourds.
Kashmar, petite ville au sud-ouest de Mashhad dont les tapis gagnent la grande ville pour être vendus, travaille dans un tout autre registre. Sa signature est le décor de jardin, ou à compartiments : le champ est divisé en cases contenant chacune une scène, un arbre de vieDessin où un grand arbre richement travaillé s'élève sur la majeure partie du champ, entouré d'ornements végétaux, avec des oiseaux, des animaux et des fleurs répartis dans ses branches. L'arbre peut aussi occuper un seul panneau d'un tapis à panneaux de jardin ou apparaître comme motif de bordure. Dans la tradition persane, il représente le lien entre la terre et l'environnement, se lit aussi comme un lien entre le ciel et la terre, et symbolise la force, la sagesse et la continuité de la vie. Il se tisse sur des tapis de Tabriz, de Kashan, d'Ispahan, de Kerman et de Malayer, ainsi que sur des tapis baluchi.Voir dans le dictionnaire des tapis, des oiseaux en vol, des cerfs sous bois, un lac, les quatre saisons, si bien que le tapis se lit comme une suite d'images et non comme un motif unique. La ville tisse aussi des pièces figuratives peuplées de personnages de l'histoire ancienne, ainsi qu'un décor de vases qui répand des bouquets sur tout le champ. Les troupeaux sont nombreux alentour : Kashmar file sa propre laine et la teint avec des plantes récoltées sur place. La palette, sourde et terreuse, repose sur un brun orangé, couleur rouille, presque introuvable dans les autres tissages persans.
Quchan est géométrique là où le reste de la région est floral. Deux compositions couvrent l'essentiel de sa production : une colonne de médaillons géométriques répétés sur toute la longueur du champ, et une version couvrante du même vocabulaire, sans aucun centre. Les fonds sont francs, rouge, bleu ou ivoire, relevés de plusieurs bruns, d'or, de gris et de noir. La construction est tribale de bout en bout : une armature de laine ou de poil de chèvreFibre animale que les tisserands tribaux emploient parfois pour la fondation d'un tapis à la place de la laine, comme dans les Gabbeh et les Quchan, le velours restant en laine. Avec le mohair, le poil de chameau et le poil de vache, elle fait partie des matières les moins courantes dans les tapis, surtout présentes dans les tissages tribaux, et on la rencontre aussi dans certains kilims tissés à plat.Voir dans le dictionnaire des tapis porte un veloursSurface d'un tapis, formée de fibres dressées en touffes coupées ou en boucles. Dans un tapis noué main, elle est constituée par les bouts coupés de milliers de nœuds de laine ou de soie noués sur la chaîne rangée par rangée, légèrement tondus pendant le tissage puis amenés à leur hauteur définitive par la tonte lors de la finition. L'épaisseur du velours, mesurée de l'envers du tapis au sommet du velours, va généralement du velours bas, d'environ 3 à 6 mm (1/8 à 1/4 de pouce), au velours haut, d'environ 13 à 16 mm (1/2 à 5/8 de pouce). Les dessins fins et denses sont tondus ras pour conserver un motif net ; un velours plus haut convient aux zones de passage et aux meubles lourds, un velours plus bas aux portes qui doivent s'ouvrir librement et aux pièces humides.Voir dans le dictionnaire des tapis de laine, sans la moindre trace de coton. La densitéMesure du degré de compacité d'un tapis. Dans les tapis fabriqués à la machine, elle décrit les fibres du velours et se calcule en multipliant le poids du velours par 36 et en divisant par la hauteur du velours ; une densité plus élevée indique en général une meilleure durabilité et de meilleures performances. Dans les tapis noués main, il s'agit de la densité de nœuds (KPSI, soit nœuds par pouce carré), comptée au dos du tapis et moyennée sur plusieurs zones (150 KPSI équivalent à environ 23 nœuds par cm²). Comme la résolution d'une image, une densité plus élevée permet des courbes plus fines et des dessins plus nets, en général avec un velours tondu plus ras et davantage de travail, mais elle n'est pas le seul critère de qualité : les tapis de village aux dessins géométriques affirmés se font à densité faible ou moyenne.Voir dans le dictionnaire des tapis avoisine en moyenne 120 nœuds au pouce carré (KPSINombre de nœuds dans un pouce carré d'un tapis noué main (KPSI, de l'anglais knots per square inch ; 1 KPSI vaut environ 15,5 nœuds par carré de 10 × 10 cm), compté à l'envers, à la règle, en multipliant les nœuds sur un pouce de hauteur par ceux sur un pouce de largeur, en moyenne sur deux ou trois zones. Plus il y a de nœuds, plus le détail est fin et net, comme sur un écran de plus haute résolution ; à toutes choses égales par ailleurs, le tapis gagne aussi un peu en durabilité et coûte plus cher. Mais la densité seule ne suffit pas à juger la qualité : les Heriz et les Bidjar sont durables avec une densité faible à moyenne, tandis que les dessins floraux curvilignes perdent en netteté faute d'assez de nœuds. Les valeurs vont de moins de 80 environ pour les tissages tribaux grossiers comme les Gabbeh et les Qashqai, en passant par 120 à 225 environ pour de nombreux tapis de village et 300 à 700 pour les fins tapis de ville comme les Nain et les Ispahan, jusqu'à 600 à 1 000, voire plus, pour les Qom en pure soie.Voir dans le dictionnaire des tapis, l'unité en usage dans le métier), nettement au-dessus de la moyenne pour un tapis de cette facture.
Moud, dans le Khorasan du Sud, près de Birjand, est le tissage herati de la région : le petit treillis de poissons et de feuilles, répété sans fin, couvre la majeure partie de sa production, en beige, bleu, rouille et rouge. L'armature est de coton sous un velours de laine, la soie s'invitant dans le velours de certaines pièces récentes, et les tapis de Moud portent le plus souvent une signature, une bonne part de la production venant de l'Iran Carpet CompanyTrès grand producteur iranien de tapis, appartenant à l'État, connu sous le sigle ICC et, aux États-Unis, sous le nom d'Iranian Rug Company, dont les origines remontent à 1934. Il exploite un réseau d'ateliers dans environ 44 villes, dont Tabriz, Hamadan et Sarouk, avec quelque 25 000 ouvriers, et produit environ 50 000 mètres carrés de tapis par an (environ 540 000 pieds carrés). Il fournit la laine et les matières premières et prête de l'argent pour remplacer les vieux métiers à tisser. La teinture et le tissage y sont strictement contrôlés, et même un petit défaut doit être défait et refait : sa signature atteste donc une qualité constante et élevée, quelle que soit la ville d'où vient le tapis.Voir dans le dictionnaire des tapis. C'est le plus discret des tissages du Khorasan, et comme le treillis se répète régulièrement d'un bord à l'autre, le dessin continue de se lire même lorsque les meubles en recouvrent une partie.
Côté matières, un Mashhad est normalement en laine sur armature de coton. Quand la soie intervient, elle se tient dans l'armature plutôt que dans le velours, même si les pièces récentes en soie et laine en mettent aussi dans le velours. Dans le haut de gamme, on emploie la laine korkQualité de laine fine et douce, prélevée sur le cou et la couche intérieure de la toison de jeunes moutons, souvent lors de la première tonte. Grasse, riche en lanoline naturelle, elle est douce et résiliente au toucher et donne aux couleurs un éclat supplémentaire. Elle sert pour le velours de nombreux tapis de ville fins d'Ispahan, de Kerman, de Qom, de Tabriz et de Mashhad, et les anciens Sarouk au velours tondu ras l'emploient aussi. On rencontre également les graphies « cork » et « kurk ».Voir dans le dictionnaire des tapis, la première tonte des jeunes moutons, plus grasse, plus douce, et qui prend la teinture avec davantage d'éclat. Elle n'est pas toujours locale : il existe des pièces d'atelier tissées en laine de Nouvelle-ZélandeLaine originaire de Nouvelle-Zélande, classée avec les laines de Manchester et de Ghazni parmi les trois laines de haute qualité les plus connues pour les tapis persans et orientaux ; une belle laine à tapis de ce type est épaisse et grasse au toucher. Comme elle est importée et non issue de troupeaux locaux, son emploi influe sur le prix d'un tapis. On la cite pour le velours des Oushak, des Ziegler et des Peshawar tissés au Pakistan, parfois associée à la laine de Ghazni, et pour le velours épais des Kazak Azari.Voir dans le dictionnaire des tapis importée. Le lustre tient donc à la qualité de la toison et à la teinture, non aux montagnes qui entourent la ville. Un rinceau fin a besoin de nœuds pour se dessiner : c'est pourquoi les Mashhad dépassent en général 250 KPSI ; certaines pièces d'atelier exceptionnelles ont même été tissées à près d'un millier. À ce niveau, l'armature doit être en soie, car le coton ne supporte pas une telle densité.
À l'usage, c'est la hauteur du velours qui sépare le plus ces tissages. Mashhad se range avec HerizTapis de village aux dessins affirmés de la région de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran, près de Tabriz, et les plus célèbres de tous les tapis de village persans. Un velours de laine grossier et résistant sur fondation en coton, généralement à double trame pour plus d'épaisseur, et une densité de nœuds faible à moyenne (couramment donnée à environ 1 900 à 2 600 nœuds pour 10 × 10 cm, soit 120 à 170 nœuds par pouce carré ou KPSI) les rendent très durables ; la solidité de la laine est traditionnellement attribuée à l'eau de montagne cuprifère. Le dessin classique est un grand médaillon anguleux accompagné de quatre écoinçons, parfois une composition all-over, dans un rouge rouille que la tradition attribue aux minéraux de cuivre de la rivière locale, avec du bleu marine foncé et du crème. Les Bakshaish et les Serapi, ces derniers ayant aujourd'hui plus d'un siècle, en sont les formes plus anciennes.Voir dans le dictionnaire des tapis, BidjarTapis de la ville de Bijar (Bidjar), dans la province du Kurdistan, au nord-ouest de l'Iran, et des villages environnants ; l'appellation recouvre des pièces à double trame, fines comme grossières, tissées par des tribus kurdes et, dans les ateliers, par des tisserands afshar. Surnommés les « tapis de fer » de l'Iran, ils comptent parmi les tapis les plus lourds pour leur taille : la double trame, les nœuds symétriques (turcs) et les rangées tassées avec force, souvent en gardant la laine humide, donnent un velours épais et dense. Les dessins vont du floral, du herati et du médaillon au géométrique, et s'inspirent d'Ispahan et de Kashan comme de sources russes, caucasiennes et européennes (dont un bouquet de roses à la française), dans des tons de pierres précieuses : rouille, rouge, beige et bleu marine. Les Bijar sont souvent de petits tapis ou des tapis de couloir ; les grands formats sont rares, et les extrémités tissées à plat comme les franges sont généralement tressées.Voir dans le dictionnaire des tapis et SaroukTapis de ville persans, très appréciés et durables, originaires de Sarouk, localité du centre de l'Iran située à environ 50 km au nord d'Arak, réputés dès le XIXe siècle et exportés vers l'Europe et l'Amérique. Sur une fondation en coton, le velours de laine, d'épaisseur moyenne à forte, est parfois rehaussé de soie et le plus souvent noué au nœud persan (certaines pièces anciennes emploient le nœud turc), avec une densité moyenne à élevée pouvant atteindre environ 50 nœuds par cm² (environ 320 nœuds par pouce carré). Des dessins floraux, à médaillon et all-over, avec quelques motifs herati, boteh et picturaux, apparaissent sur des champs beige, ivoire, crème, bleu marine ou rouge, ce dernier tirant sur l'orange ou la rouille, généralement avec une fine contre-bordure. Les Sarouk américains, tissés surtout dans les années 1920 et 1930, adaptaient dessins et couleurs au goût des États-Unis, et beaucoup furent reteints pour obtenir le rose rougeâtre recherché.Voir dans le dictionnaire des tapis parmi les tapis persans à velours épais, ce qui en fait un choix sûr pour un couloir, une entrée ou toute surface très passante ; Kashmar, tondu plus ras, convient à une salle à manger où les chaises doivent glisser. Les formats couvrent toute l'échelle. Mashhad et Kashmar sont connus pour leurs grands tapis de séjour et leurs pièces hors format, tandis que Quchan dépasse rarement 1,8 mètre de large et 4 mètres de long, limité par son métier tribal compact, et qu'il tisse aussi de petits sacs et des carpettes.
Les ateliers signataires sont une spécialité du Khorasan, et c'est à Mashhad qu'ils se concentrent. Astan Qods RazaviEntreprise de tissage de tapis de l'organisation caritative qui gère le sanctuaire de l'imam Reza à Mashhad, en Iran. D'abord modeste structure tissant surtout pour le sanctuaire, elle s'est muée, au début des années 1980 (environ quatre ans après la révolution iranienne), en un producteur à grande échelle de tapis de Mashhad, qui aurait dépassé 6 000 m² (environ 65 000 pieds carrés) par an avec plus de 500 artisans. Elle est connue pour des teintures spéciales, décrites comme des teintures végétales naturelles, qui donnent des rouges et des bleus profonds. Les tapis portant sa signature étaient souvent destinés à des sanctuaires ou commandés comme cadeaux.Voir dans le dictionnaire des tapis, la fondation du sanctuaire, n'a longtemps tissé que pour les salles et les cours du sanctuaire, avant de devenir, à partir de 1983, l'une des plus grandes maisons de tapis noués main du pays ; sa réputation repose sur une teinture qui donne des rouges et des bleus d'une profondeur rare. KhadiviAtelier de Mashhad fondé par Khalil Khadivi, qui a débuté comme dessinateur et tisserand dans l'atelier Amoghli, plus ancien, et est devenu contremaître. Alors qu'il l'était encore, il a tissé quelques pièces pour son propre compte, en marge de son travail ; leur qualité a attiré des acheteurs, et il a fondé son propre atelier et sa propre signature. Il plaçait la qualité avant le volume, et ses tapis sont prisés pour leur grande finesse, leur densité et leur rareté ; à son apogée, l'atelier comptait environ 35 métiers et plusieurs dizaines d'ouvriers, à Mashhad et dans les villes voisines. L'un de ses fils l'a dirigé ensuite, et la famille perpétue aujourd'hui la signature.Voir dans le dictionnaire des tapis, fondé par un dessinateur devenu contremaître de l'atelier AmoghliAtelier de tapis de Mashhad, décrit comme très célèbre, surtout connu pour être le lieu où Khalil Khadivi a débuté comme dessinateur et tisserand et est devenu contremaître avant de fonder son propre atelier et sa propre signature au XXe siècle.Voir dans le dictionnaire des tapis, est toujours dirigé par l'un de ses fils. Saber, spécialisé dans les tapis monumentaux, a cessé d'apposer sa signature à la mort de son fondateur, et ZarinehAncien atelier de Mashhad (Mashad) dont les tapis, qui ne se tissent plus, sont difficiles à trouver et passent pour des pièces de collection. Les exemplaires typiques ont un fond crème orné de délicats dessins floraux sur des branches très fines, une composition all-over avec un médaillon central à peine défini, et des couleurs douces et atténuées comme la pêche, le bleu et la crème. La laine est décrite comme douce et riche en lanoline, issue de jeunes moutons, ce qui donne aux couleurs un aspect plus brillant. Le tissage aurait cessé au plus tard au milieu des années 1980, la génération suivante ne souhaitant pas le poursuivre.Voir dans le dictionnaire des tapis, dont on se souvient pour ses fonds crème et ses rinceaux fins comme un cheveu, a fermé il y a plusieurs décennies. Les tapis signés de ces deux maisons sont donc en nombre fini, et c'est bien ce qui attire les collectionneurs.

Les tapis persans s'imposent comme des chefs-d'œuvre vivants de l'art textile, représentant plus de 2 500 ans d'héritage culturel et un savoir-faire inégalé qui a influencé la fabrication de tapis dans le monde entier. Ces extraordinaires revêtements de sol transforment les espaces en galeries d'art tissé, chaque pièce racontant sa propre histoire unique.
Les caractéristiques distinctives des tapis persans authentiques résident dans leur construction nouée à la main, avec des artisans qualifiés nouant chaque nœud individuellement - souvent jusqu'à 1 000 nœuds par pouce carréNombre de nœuds dans un pouce carré d'un tapis noué main (KPSI, de l'anglais knots per square inch ; 1 KPSI vaut environ 15,5 nœuds par carré de 10 × 10 cm), compté à l'envers, à la règle, en multipliant les nœuds sur un pouce de hauteur par ceux sur un pouce de largeur, en moyenne sur deux ou trois zones. Plus il y a de nœuds, plus le détail est fin et net, comme sur un écran de plus haute résolution ; à toutes choses égales par ailleurs, le tapis gagne aussi un peu en durabilité et coûte plus cher. Mais la densité seule ne suffit pas à juger la qualité : les Heriz et les Bidjar sont durables avec une densité faible à moyenne, tandis que les dessins floraux curvilignes perdent en netteté faute d'assez de nœuds. Les valeurs vont de moins de 80 environ pour les tissages tribaux grossiers comme les Gabbeh et les Qashqai, en passant par 120 à 225 environ pour de nombreux tapis de village et 300 à 700 pour les fins tapis de ville comme les Nain et les Ispahan, jusqu'à 600 à 1 000, voire plus, pour les Qom en pure soie.Voir dans le dictionnaire des tapis dans les plus belles pièces. Ce processus méticuleux crée des tapis d'une densitéMesure du degré de compacité d'un tapis. Dans les tapis fabriqués à la machine, elle décrit les fibres du velours et se calcule en multipliant le poids du velours par 36 et en divisant par la hauteur du velours ; une densité plus élevée indique en général une meilleure durabilité et de meilleures performances. Dans les tapis noués main, il s'agit de la densité de nœuds (KPSI, soit nœuds par pouce carré), comptée au dos du tapis et moyennée sur plusieurs zones (150 KPSI équivalent à environ 23 nœuds par cm²). Comme la résolution d'une image, une densité plus élevée permet des courbes plus fines et des dessins plus nets, en général avec un velours tondu plus ras et davantage de travail, mais elle n'est pas le seul critère de qualité : les tapis de village aux dessins géométriques affirmés se font à densité faible ou moyenne.Voir dans le dictionnaire des tapis et d'une durabilité exceptionnelles, expliquant leur capacité à durer pendant des générations tout en embellissant avec l'âge.
Le vocabulaire design de chaque tapis persan puise dans une riche tradition de motifs : élégantes fleurs Shah AbbasiStyle floral persan classique, né comme motif de la cour royale il y a environ 400 ans et nommé d'après le souverain safavide Shah Abbas. Ses traits principaux sont des feuilles de palmette stylisées, semblables à des plumes, et des fleurs de lotus, le lotus étant un ancien symbole de longue vie, disposées en symétrie stricte avec des ornements en rinceaux autour d'un médaillon central, souvent une rosace. Les premiers exemplaires privilégiaient les rouges et les bleus profonds, tandis que les tapis plus tardifs de ce style adoptent souvent des tons neutres atténués. Le dessin se retrouve sur des tapis de Kashan, de Nain et de Tabriz.Voir dans le dictionnaire des tapis, gracieuses arabesques, motifs Herati complexes et magnifiques médaillons. Ces éléments se combinent avec des variations régionales pour créer des styles distincts, des motifs géométriques audacieux d'HerizTapis de village aux dessins affirmés de la région de Heriz, dans le nord-ouest de l'Iran, près de Tabriz, et les plus célèbres de tous les tapis de village persans. Un velours de laine grossier et résistant sur fondation en coton, généralement à double trame pour plus d'épaisseur, et une densité de nœuds faible à moyenne (couramment donnée à environ 1 900 à 2 600 nœuds pour 10 × 10 cm, soit 120 à 170 nœuds par pouce carré ou KPSI) les rendent très durables ; la solidité de la laine est traditionnellement attribuée à l'eau de montagne cuprifère. Le dessin classique est un grand médaillon anguleux accompagné de quatre écoinçons, parfois une composition all-over, dans un rouge rouille que la tradition attribue aux minéraux de cuivre de la rivière locale, avec du bleu marine foncé et du crème. Les Bakshaish et les Serapi, ces derniers ayant aujourd'hui plus d'un siècle, en sont les formes plus anciennes.Voir dans le dictionnaire des tapis aux délicates compositions florales d'IsfahanTapis de ville persans d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, parmi les plus finement noués au monde : généralement d'environ 7 750 à 10 850 nœuds pour 10 × 10 cm (500 à 700 KPSI, soit nœuds par pouce carré), juste derrière Qom. La plupart sont tissés en fine laine kork issue de jeunes moutons ; certains ont un velours en laine et soie sur une fondation en soie ou en coton, et quelques-uns seraient en pure soie. Les dessins puisent dans la nature et l'architecture de la ville, des compositions à médaillon et écoinçons et des dessins floraux all-over aux scènes de chasse, arbres de vie, niches de prière et jardins picturaux, le plus souvent en pastels doux avec de l'indigo et du rouge vif sur fond ivoire. La plupart des pièces sont signées, et les grands formats sont rares et coûteux.Voir dans le dictionnaire des tapis.
La palette de couleurs des tapis persans représente un chef-d'œuvre des techniques de teinture naturelle. Les rouges riches de la garanceRacine de la garance (Rubia tinctorum), teinture rouge naturelle à l'origine des tons terre cuite des tapis persans et orientaux. Avec l'indigo et le brou de noix, elle compte parmi les teintures végétales servant à colorer la laine, à laquelle elle se lie par sa lanoline naturelle. De légères variations de nuance au sein d'une même zone de couleur, appelées abrash, sont normales dans les tapis teints de cette façon.Voir dans le dictionnaire des tapis, les bleus indigo, les jaunes safran vibrants et les tons ivoire subtils se marient en combinaisons harmonieuses perfectionnées au fil des siècles. Ces teintures naturelles vieillissent gracieusement, développant une patine recherchée qui rehausse le caractère du tapis.
Des matériaux supérieurs forment la base de chaque véritable tapis persan. La plus fine laineFibre animale naturelle qui sert à réaliser le velours des tapis de haute qualité et, dans certains d'entre eux, la fondation. Elle est durable, résiliente, résistante aux taches et ignifuge, douce et moelleuse sous le pied ; elle isole du froid, prend facilement la teinture et la conserve de nombreuses années. Elle retient aussi les particules de poussière, ce qui contribue à limiter les réactions allergiques. La qualité dépend avant tout des pâturages où paissent les moutons : les pâturages d'altitude et une bonne alimentation donnent une laine plus épaisse et plus grasse, les laines de Manchester, de Nouvelle-Zélande et de Ghazni en étant les exemples prisés les plus connus. La tonte au début du printemps et le filage à la main (qui donne un fil plus fin et plus doux que le filage à la machine) l'améliorent encore, tandis que la laine mince et sèche de moutons morts finit dans des tapis bon marché.Voir dans le dictionnaire des tapis, provenant de moutons d'altitude et filée à la main, offre une résilience remarquable et un toucher luxueux. Dans les pièces prestigieuses, les accents de soie ajoutent de l'éclat aux fonds de laine, tandis que les tapis entièrement en soie offrent une luminosité et un raffinement inégalés.
Les tapis persans s'adaptent magnifiquement aux environnements traditionnels et contemporains. Leurs designs intemporels complètent les espaces minimalistes modernes aussi efficacement qu'ils enrichissent les intérieurs classiques. Qu'ils soient utilisés comme installations murales frappantes, élégants tapis de pièce ou tentures murales dramatiques, ces pièces attirent l'attention tout en créant une atmosphère.
Le potentiel d'investissement des tapis persans est bien documenté, les beaux exemplaires prenant de la valeur avec le temps. Chaque pièce représente un actif tangible qui combine attrait esthétique et importance historique. Les plus beaux exemplaires sont souvent considérés comme des investissements alternatifs, particulièrement ceux provenant de centres de tissage renommés ou présentant des motifs inhabituels.
L'entretien des tapis persans reflète leur statut premium. Leurs matériaux naturels répondent bien au nettoyage professionnel, tandis qu'un passage régulier et soigneux de l'aspirateur et une rotation assurent une usure uniforme. De nombreuses pièces s'embellissent réellement au fil des décennies, développant de subtiles variations de couleur et acquérant un lustre brillant.
Posséder un tapis persan signifie participer à l'une des plus anciennes et des plus raffinées traditions d'arts décoratifs de l'humanité. Ces pièces représentent plus que de simples revêtements de sol ; ce sont des œuvres d'art portables qui apportent chaleur, sophistication et richesse culturelle à tout environnement qu'elles ornent.
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