Affaiblissement du velours et de la fondation d'un tapis, causé par une exposition prolongée à une forte humidité ou à des conditions humides. L'humidité qui pénètre dans les fibres naturelles les fragilise et peut finir par les faire pourrir, et cette même humidité attire les mites et d'autres nuisibles. Un stockage humide, chaud ou mal ventilé, les salles de bains et les climats humides sont les situations habituelles ; on y remédie avec un déshumidificateur, une bonne circulation de l'air et une aération occasionnelle au soleil. Les variations d'humidité font aussi s'étirer et se rétracter une fondation en laine et déforment le tapis, alors qu'une fondation en coton garde mieux ses dimensions.
Base de tapis dont les fils de chaîne et de trame sont en laine au lieu du coton. Elle est typique de tapis tribaux comme les tapis baluchis et turkmènes ou les Gabbeh (certains emploient plutôt du poil de chèvre), se rencontre dans certains Qashqai, Chiraz et petits Bakhtiari, et est courante dans les tapis de village et tribaux plus anciens ; les experts tiennent le coton pour la norme des tapis postérieurs aux années 1930 environ, quand le coton filé à la machine s'est largement répandu. La structure souple, moins rigide, de la laine donne au dessin un caractère fluide et chaleureux, et les franges sont parfois tressées ou de couleurs différentes. L'inconvénient est que la laine se rétracte et s'étire avec l'humidité : ces tapis tendent donc à être moins droits que ceux à fondation en coton.
Tapis de la province du Fars, en Iran, tissé par les tribus de la région et par des villageois sédentaires sur une fondation en laine ou en poil de chèvre (rarement en coton), avec un velours de laine long et dense, non tondu ras. Sa faible densité de nœuds donne des dessins simples et affirmés, où arbres, animaux et personnages deviennent des formes géométriques abstraites. Le Gabbeh couleur est teint dans toutes les nuances, souvent avec intensité, tandis que le Gabbeh naturel emploie de la laine blanche et noire non teinte, dans des tons crème, bruns, gris et noirs. Les dimensions courantes sont d'environ 0,9 à 1,2 m sur 1,8 à 2,1 m (3 à 4 sur 6 à 7 pieds). Des versions plus fines, tissées en ville, viennent de Chiraz, et des pièces très fines et lourdes sont parfois appelées Qashqai, sans être de véritables tapis qashqai.
Tapis de village provenant d'un groupe de villages de la région d'Azerbaïdjan, en Iran, à la lisière ouest de la zone de tissage de Heriz ; le groupe tient son nom du village de Karadja, en son centre. Velours de laine sur fondation en coton (les très anciennes pièces peuvent avoir une fondation en laine), nœud turc et trame unique : le velours est donc plus mince et plus souple que celui des Heriz, généralement à double trame. Deux médaillons géométriques affirmés aux bords en forme de crochets alternent en général sur la longueur d'un tapis de couloir, et sur les tapis larges la répétition des médaillons se lit comme un dessin all-over géométrique, dans des rouges, bleus, crèmes et bruns. Leur velours mince et leurs grandes longueurs les rendent populaires comme tapis de couloir et d'escalier.
Tapis tribaux réalisés par des tisseurs kurdes autour de Quchan, au nord de Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, région frontalière où les souverains safavides installèrent des tribus kurdes pour aider à garder la frontière. Une fondation en laine ou en poil de chèvre porte un velours de laine d'environ 186 000 nœuds par mètre carré (environ 120 par pouce carré), ce qui est élevé pour un tissage tribal. Des dessins géométriques à médaillon ou couvrant tout le champ, sur un fond rouge, bleu ou ivoire intense, rappellent les tapis caucasiens et, plus encore, les tapis anatoliens, car les ancêtres des tisseurs venaient d'Anatolie. Des métiers compacts limitent les formats à des tailles petites à moyennes, rarement plus larges que 1,8 m (6 pieds) ni plus longs que 4 m (13 pieds).
Tapis tribaux tissés par le peuple baluchi, établi le long de la frontière entre le nord-est de l'Iran et l'Afghanistan, qui vend sa production au bazar de Mashhad. Les dessins mêlent des influences turques, persanes et caucasiennes, au plus près du tissage turkmène : guls répétés, boteh, arbres de vie et dessins de prière, le plus souvent sur des champs bleu marine foncé, rouges ou bruns avec des rehauts ivoire et violet foncé, même si les pièces plus récentes sont plus claires. Le velours, peu épais, est en laine, généralement sur une fondation en laine. Les tisserands migrants ne pouvant installer de grands métiers, les tapis sont petits : généralement 1,2 × 1,8 m (4 × 6 pieds), 1,5 × 2,1 m (5 × 7 pieds) ou moins, auxquels s'ajoutent de courts tapis de couloir.
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