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Tapis gris : tous les gris, chauds ou froids
Un tapis gris peut prendre bien plus de visages que ce simple mot ne le laisse deviner. Nous appelons gris toute couleur assez éteinte pour qu’aucune teinte ne l’emporte : tout au plus une pointe de chaleur ou de fraîcheur. Notre famille des gris réunit toutes ces couleurs, entre les plus sombres, que nous classons parmi les noirs, et les plus pâles, que nous classons parmi les blancs. Le gris pâle, l’argenté, le taupe, le greige, l’anthracite et le gris acier en font tous partie. Chacun de ces noms désigne ici une couleur, jamais une finition.
Le gris n’a rien de nouveau dans le tapis persan, mais il y a surtout joué les seconds rôles. Cherchez un tapis persan gris et vous trouverez le plus souvent du gris qui cerne le dessin, colore les fleurs ou court le long d’une contre-bordure sur un fond ivoire ou bleu, comme c’est fréquent dans les tapis Nain. Un tapis oriental gris où le gris domine relève surtout d’un goût moderne : tapis tibétains et dessins contemporains, noués main selon la tradition.
Du gris pâle à l’anthracite : les nuances de la famille
Au sein de la famille, quatre groupes de nuances méritent d’être distingués, car chacun se comporte différemment dans une pièce :
- Gris pâle et gris perle : les gris les plus clairs et les plus froids, à peine plus sombres que le blanc. Un tapis gris perle est tout simplement d’un gris pâle et froid : le nom décrit la nuance, pas un aspect nacré. Un tapis gris clair dans ces tons, proche du blanc mais plus doux, donne une impression de fraîcheur et de calme.
- Gris chauds (greige, taupe, champignon) : des gris où passe une trace de brun ou de beige. Ils restent gris tant que cette chaleur reste discrète ; dès que la couleur évoque le sable ou le lin, elle a basculé dans le beige.
- Gris acier et gris bleutés : des gris froids teintés d’un soupçon de bleu, comme un ciel d’hiver. Dès que le bleu est assez marqué pour être nommé, la couleur est classée parmi les bleus.
- Anthracite : l’extrémité sombre de la famille. Un tapis gris foncé tirant sur l’anthracite garde une bonne part du poids visuel du noir, en plus doux ; un cran plus sombre, et la couleur rejoint les noirs.
D’où vient le gris d’un tapis noué main
Plusieurs facteurs influent sur le gris que vous voyez dans un tapis noué main, et ce gris forme rarement un ton uniforme :
- La laine non teinte : les moutons ne sont pas tous blancs. Depuis des siècles, on file sans la teindre la toison grise, brune ou presque noire, et le mélange de laines claires et foncées donne un gris vivant qu’aucun bain de teinture n’égale tout à fait. Le Gabbeh naturel perpétue cette tradition, comme beaucoup de tapis tibétains ; un tapis gris en laine fait de cette façon doit sa couleur au troupeau plutôt qu’au teinturier.
- L’abrash : chaque lot de laine ou de teinture diffère légèrement, si bien qu’un champ gris montre souvent de douces bandes horizontales, un ton plus clair ou plus foncé, là où un lot succède à l’autre. Dans un tapis noué main, c’est la marque du travail à la main, pas un défaut.
- Le temps et le soleil : au fil des décennies, la lumière du soleil adoucit les teintures, et les bleus virent au bleu-gris, surtout du côté tourné vers la fenêtre. Un tapis qui a vécu peut ainsi laisser voir du gris là où le tisserand avait noué du bleu.
- L’éclat de la soie : la soie est brillante, si bien que sa couleur passe du clair au profond à mesure que l’on fait le tour du tapis, tandis qu’une laine, même lustrée, varie bien moins. Un gris mêlé de soie reste un gris ; la même soie brillerait tout autant en rouge ou en bleu.
Les tapis gris dans une pièce
Les tapis gris ne jurent presque avec rien : c’est leur atout, et aussi leur piège, car une pièce toute en gris peut paraître terne. Voici quelques repères, à prendre comme des points de départ plutôt que comme des règles :
- Accordez les sous-tons : les gris chauds comme le greige et le taupe se marient naturellement avec le chêne, le noyer, les murs crème et le cuir ; les gris froids et les gris bleutés vont bien avec les murs blancs, les textiles bleus et les touches de noir.
- Jugez-le à votre propre lumière : un gris paraît plus chaud sous une lampe et plus froid dans une pièce orientée au nord ; observez-le donc dans la pièce où il vivra, de jour comme le soir.
- Dosez le contraste : un gris pâle sur un parquet foncé ressort nettement, tandis qu’un anthracite sur un sol clair dessine un contour ferme autour d’un coin salon.
- Ajoutez une couleur plus franche : un tapis gris est souvent à son avantage à côté d’une seule note plus chaude ou plus vive, comme un coussin rouge ou un fauteuil bleu.
Comment nous nommons un gris
Les noms de couleur que nous employons sont définis par une seule spécification publiée, exposée dans notre guide des couleurs des tapis, qui décrit aussi les frontières entre familles et la façon dont nous photographions chaque pièce. Un tapis porte le nom de ses couleurs principales, soit une ou deux familles qui couvrent l’essentiel de son velours ; les contours, les petits motifs et les détails qui accrochent le regard figurent parmi ses touches de couleur.
Le gris joue souvent ce second rôle : vous le trouverez donc plus souvent parmi les touches de couleur d’un tapis que parmi ses couleurs principales. Parcourez nos tapis aux touches de gris pour le voir cerner un dessin ou colorer ses motifs. Un gris est aussi plus sensible qu’une couleur franche à la dominante d’un écran ou d’une lampe : si le ton exact compte pour vous, demandez-nous d’autres photos depuis la page du tapis, à la lumière du jour et sous un éclairage chaud.